Derrière les étals des boucheries et les rayons des grandes surfaces, une zone grise persiste. Celle de l’origine des viandes rouges proposées à la vente. Une situation que l’Observatoire marocain de protection du consommateur (OMPC) juge préoccupante, pointant un déficit d’information susceptible de fausser le choix du consommateur et d’aggraver la pression sur son pouvoir d’achat.
Dans un contexte marqué par la flambée continue des prix des viandes, l’OMPC alerte sur des pratiques commerciales où viandes locales et viandes importées sont souvent commercialisées sans indication claire, ni affichage distinctif. Une confusion qui empêche le consommateur de savoir précisément ce qu’il achète, à quel prix réel et selon quels critères de qualité.
Cette opacité intervient alors même que les autorités publiques ont multiplié les annonces en faveur du soutien à l’élevage national, notamment à travers des mesures d’accompagnement des éleveurs et une amélioration récente des conditions pastorales grâce aux précipitations. Pourtant, sur les marchés, les prix de la viande ovine et bovine demeurent élevés, traduisant un déséquilibre persistant entre les mécanismes de régulation annoncés et la réalité du terrain.
Pour l’Observatoire, le cœur du problème réside dans le non-respect du droit fondamental du consommateur à une information fiable, lisible et complète. L’absence d’étiquetage précisant l’origine exacte des viandes, leur nature – locale ou importée – et leur tarification réelle constitue, selon l’OMPC, une entorse manifeste aux dispositions de la loi n°31.08 relative à la protection du consommateur.
L’organisation met en garde contre une pratique jugée doublement préjudiciable. D’un côté, le consommateur peut se retrouver à payer une viande importée, parfois de qualité inférieure, au prix du produit local. De l’autre, le producteur national subit une concurrence biaisée, incompatible avec le principe d’équité économique et les discours officiels de valorisation du « made in Morocco ».
Au-delà de l’atteinte au pouvoir d’achat, l’OMPC estime que ce manque de transparence s’apparente à une forme de fraude commerciale, altérant la confiance dans le marché et fragilisant la relation entre le citoyen et les circuits de distribution. Une dérive qui appelle, selon l’Observatoire, une réaction ferme des autorités de tutelle.
L’OMPC exhorte ainsi les services de contrôle relevant des ministères concernés, ainsi que l’Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires (ONSSA), à imposer un affichage clair, visible et obligatoire de l’origine des viandes rouges, aussi bien dans les boucheries traditionnelles que dans les grandes surfaces.
L’organisation plaide également pour un renforcement des contrôles sur le terrain et l’application de sanctions dissuasives à l’encontre des opérateurs qui entretiennent volontairement la confusion. Objectif affiché : restaurer la transparence, garantir une concurrence loyale et permettre au consommateur d’exercer un choix éclairé.
Se positionnant comme force de veille, l’OMPC réaffirme enfin sa détermination à signaler toute pratique portant atteinte aux droits du consommateur marocain, rappelant que la confiance dans le marché passe avant tout par une information claire, une traçabilité assumée et des prix en cohérence avec la réalité des produits proposés.

