Malgré une concurrence féroce et un encadrement réglementaire accru, Maroc Telecom parvient à maintenir sa dynamique. Le groupe a dépassé, au premier semestre 2025, la barre symbolique des 80 millions de clients à travers l’ensemble de ses marchés, avec une progression de 2,3 % sur un an. Cette croissance, tirée principalement par ses filiales africaines sous la bannière Moov Africa, vient compenser la stagnation du marché national.
Dans un communiqué rendu public à la clôture des résultats au 30 juin, le groupe souligne que cette expansion est portée par une hausse de 3,7 % du parc de clients des filiales, preuve de leur rôle central dans sa stratégie de développement régional. Au Maroc, le parc mobile atteint 18,93 millions de clients, tandis que le fixe dépasse les 1,6 million de lignes et le haut débit franchit les 1,4 million d’abonnés.
À l’international, Maroc Telecom affiche un parc mobile robuste de 57,5 millions de clients, répartis principalement entre le Burkina Faso (12,2 M), la Côte d’Ivoire (11,9 M), et le Mali (8,4 M), sans oublier des marchés secondaires comme le Togo, le Niger ou encore la Centrafrique. Côté fixe, on recense 388 000 abonnés à l’étranger, avec une majorité concentrée au Mali, au Burkina Faso et au Gabon. Le haut débit fixe atteint 322 000 abonnés dans la zone subsaharienne.
Résilience financière dans un climat tendu
Sur le plan financier, le résultat net ajusté part du groupe s’élève à 2,96 milliards de dirhams, en hausse de 1,6 %. Cette performance, jugée solide au regard des pressions exercées sur les prix et des contraintes réglementaires, repose largement sur la résilience des activités africaines. Alors que le marché mobile marocain fléchit, la croissance de la data fixe nationale et les revenus africains permettent de stabiliser les comptes.
Le chiffre d’affaires consolidé progresse légèrement à 18,04 milliards de dirhams (+0,9 %), soutenu par une activité data toujours plus essentielle. Le résultat opérationnel ajusté (EBITA) s’améliore de 2 % à 5,96 milliards, avec une marge portée à 33 %. En revanche, l’EBITDA chute de 2,5 %, pénalisé par des résultats domestiques moins dynamiques, mais conserve une marge robuste de 50,3 %.
Cap sur la 5G et maîtrise de la dette
Le groupe investit toujours massivement dans ses infrastructures. Les investissements hors licences représentent 15,7 % des revenus à mi‑année, avec une prévision à 25 % d’ici fin 2025, principalement orientée vers le déploiement de la 5G. En parallèle, la dette nette consolidée reste sous contrôle, établie à 17,62 milliards de dirhams, soit 0,9 fois l’EBITDA annualisé, un ratio jugé sain.
Avec un flux net de trésorerie en hausse de 6,7 %, dépassant les 5 milliards de dirhams, Maroc Telecom confirme sa capacité à générer du cash tout en finançant sa croissance. Le pari africain continue ainsi de porter ses fruits pour le groupe historique marocain, qui maintient le cap, en attendant l’effet d’entraînement des prochaines innovations technologiques.

