Le Maroc vient de franchir un cap majeur dans sa trajectoire économique. Selon le dernier rapport de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), le Royaume s’est hissé au 29ᵉ rang mondial des exportateurs de services commerciaux, hors échanges intra-Union européenne, avec 27 milliards de dollars d’exportations en 2024. Ce volume représente 0,4 % du marché mondial et traduit une progression annuelle de 9 % par rapport à 2023.
Ce résultat consacre la montée en puissance d’une économie marocaine de plus en plus tournée vers les services à forte valeur ajoutée : les technologies de l’information, le tourisme, les télécommunications ou encore les centres de services partagés. Ces secteurs, désormais au cœur de la stratégie nationale de diversification économique, illustrent la capacité du pays à se positionner sur la scène mondiale, loin des clichés d’une économie strictement industrielle ou agricole.
Sur le plan régional, le Maroc se distingue comme l’un des deux seuls pays africains présents dans ce classement mondial, aux côtés de l’Égypte, qui occupe la 28ᵉ place avec 28 milliards de dollars d’exportations, en recul de 12 %. Dans le monde arabe, seuls les Émirats arabes unis, l’Arabie saoudite, le Qatar, l’Égypte et le Maroc figurent parmi les 30 premiers exportateurs. Les Émirats dominent le monde arabe avec 176 milliards de dollars d’exportations (2,5 % du total mondial), suivis de l’Arabie saoudite (53 milliards, 0,7 %) et du Qatar (30 milliards).
Au niveau international, le commerce des services demeure largement dominé par les grandes puissances économiques : l’Union européenne concentre 23,4 % du marché mondial, devant les États-Unis (15,7 %) et le Royaume-Uni (9 %). La Chine, Singapour, l’Inde et le Japon complètent le peloton de tête. Dans ce contexte ultra-concurrentiel, la présence du Maroc dans le Top 30 mondial constitue une percée stratégique.
Cette performance s’inscrit dans une conjoncture mondiale contrastée. Le rapport de l’OMC souligne que le commerce international des marchandises a progressé plus vite que prévu en 2025, stimulé par la demande liée aux technologies basées sur l’intelligence artificielle (IA) et par une accélération des importations nord-américaines avant l’entrée en vigueur de nouveaux droits de douane. Le volume global du commerce mondial de marchandises devrait croître de 2,4 % en 2025, avant un ralentissement attendu à 0,5 % en 2026 en raison des mesures tarifaires.
Pour les services commerciaux, la croissance mondiale est estimée à 4,6 % en 2025, après une hausse de 6,8 % en 2024. L’Europe et l’Asie devraient en être les principaux moteurs, avec des progressions respectives de 5,4 % et 4,6 %. L’Afrique, quant à elle, reste en retrait, avec une croissance prévue de seulement 1,3 %.
Le Maroc, en s’imposant dans cette dynamique mondiale, confirme la pertinence de ses choix économiques récents. Les réformes structurelles engagées dans la digitalisation, la montée en compétence de la jeunesse et l’ouverture aux investissements étrangers renforcent sa compétitivité. Cette percée ne relève pas du hasard : elle est le fruit d’une vision qui mise sur la qualité des services, l’innovation et la diversification des marchés.
Pour consolider cette position, le Royaume devra maintenir le cap : renforcer ses infrastructures numériques, stimuler la formation dans les métiers du digital, et accompagner les entreprises dans leur transition vers des modèles plus innovants. Ce sont là les leviers qui permettront au Maroc de transformer cette percée en succès durable et de s’affirmer comme un acteur majeur du commerce mondial des services.

