Marrakech accueille cette semaine la 19e édition du Congrès Mondial de l’Eau, un rendez-vous majeur qui réunit jusqu’au 5 décembre les spécialistes internationaux de la gestion hydrique. Les travaux ont démarré lundi sous le Haut Patronage du Roi Mohammed VI, donnant le ton à une rencontre placée sous le signe de l’innovation et de l’adaptation face aux pressions croissantes qui pèsent sur les ressources en eau. Dès l’ouverture, le Congrès a mis en avant l’ambition d’apporter des réponses concrètes à un défi qui façonne déjà l’avenir des territoires, des économies et des populations.
Organisé conjointement par le ministère de l’Équipement et de l’Eau et l’Association Internationale des Ressources en Eau (IWRA), l’événement fait de Marrakech une plateforme internationale où se croisent experts, chercheurs, acteurs publics, représentants du secteur privé et membres de la société civile. Tous se retrouvent pour confronter leurs expériences, partager des travaux récents et bâtir des partenariats capables de déboucher sur des actions durables. Le Congrès met notamment sur la table des approches nouvelles pour renforcer la gouvernance de l’eau, garantir la sécurité hydrique et repenser les modèles de durabilité dans un contexte de transformations rapides.
Au fil des échanges, le Maroc met en avant son propre savoir-faire, forgé au contact d’un climat souvent contraignant. Les participants se penchent ainsi sur l’expérience nationale en matière de gestion intégrée, de mobilisation des ressources en milieux arides, de dessalement et de recours aux sources hydriques non conventionnelles. Cette visibilité permet non seulement de valoriser l’expertise marocaine, mais aussi de renforcer les coopérations régionales et internationales autour de solutions qui allient technologies nouvelles et pratiques ancrées dans le terrain.
Le programme, particulièrement dense, reflète l’ampleur du chantier. Une table ronde ministérielle ouvre la voie à quatre panels réunissant des personnalités de haut niveau, suivis de plus de 140 sessions techniques animées par des spécialistes venus des cinq continents. Des événements parallèles permettent d’approfondir des thèmes plus pointus, tandis qu’un large espace d’exposition présente innovations, projets et technologies destinés à soutenir la transition hydrique. Ce dispositif met en lumière des outils susceptibles d’améliorer la résilience des infrastructures, d’adapter la gestion de la demande et de soutenir les politiques publiques dans leur évolution.
L’un des moments forts annoncés reste la Déclaration de Marrakech, attendue en clôture. Ce texte doit rassembler scientifiques, praticiens et décideurs autour d’un engagement commun : rapprocher davantage la recherche, l’action publique et les stratégies opérationnelles pour accélérer la préservation de l’eau à l’échelle mondiale. En donnant une portée collective aux travaux de cette 19e édition, la Déclaration entend prolonger l’élan créé à Marrakech et inspirer les prochaines étapes de la coopération internationale dans le domaine hydrique.
À travers cette édition, le Congrès Mondial de l’Eau confirme son rôle de carrefour stratégique. À Marrakech, les débats montrent que les réponses aux défis hydriques ne se limitent plus aux solutions techniques : elles reposent tout autant sur la capacité des acteurs à innover, à s’adapter et à conjuguer leurs efforts pour préserver une ressource devenue plus que jamais essentielle à l’équilibre des sociétés.

