Marrakech a accueilli, du 11 au 13 février, la 6e Conférence mondiale sur l’élimination du travail des enfants, un rendez-vous placé sous le Haut Patronage de Sa Majesté le Roi Mohammed VI. Le ministre de l’Inclusion économique, de la Petite Entreprise, de l’Emploi et des Compétences, Younes Sekkouri, a souligné que la lutte contre le travail des enfants en Afrique nécessite des actions concrètes et coordonnées, afin de sortir durablement les enfants de situations de travail préjudiciables.
Intervenant lors d’un panel consacré à ce thème, M. Sekkouri a insisté sur le fait que les chiffres sur le travail des enfants reflètent davantage des difficultés structurelles que des échecs. « Ce phénomène découle de multiples facteurs, notamment l’ampleur du secteur informel, la vulnérabilité rurale et agricole exacerbée par le changement climatique, les conflits et l’instabilité dans certaines régions, ainsi que la faiblesse des systèmes de protection sociale », a-t-il expliqué. Selon lui, la lutte contre le travail des enfants doit s’accompagner de mesures favorisant l’emploi des adultes, la protection sociale et l’accès à l’éducation préscolaire.
Le ministre a présenté l’expérience nationale marocaine, rappelant que le Royaume a mis en place des programmes intégrés combinant ces différents leviers pour réduire la pauvreté multidimensionnelle et protéger les enfants. Ces initiatives concrètes visent à créer un cadre favorable à la scolarisation et à l’épanouissement des enfants tout en renforçant la sécurité économique des familles.
Omar Zniber, ambassadeur représentant permanent du Maroc auprès de l’ONU et des organisations internationales à Genève, a ajouté que les actions visibles et symboliques, comme la distribution de cartables, jouent un rôle essentiel pour sensibiliser les familles à l’importance de l’éducation et du maintien des enfants à l’école. Il a également insisté sur la nécessité de plans d’action nationaux adaptés aux spécificités de chaque pays et de la coopération régionale, afin de tirer parti des bonnes pratiques et renforcer l’efficacité des programmes.
L’ambassadeur a plaidé pour une approche globale et coordonnée, impliquant autorités publiques et société civile, afin d’assurer la mise en œuvre effective des mesures, le partage d’expériences et une action concertée à l’échelle continentale pour éliminer durablement le travail des enfants.
Organisée par le ministère de l’Inclusion Économique en partenariat avec l’Organisation internationale du Travail (OIT), cette conférence a également permis de dresser le bilan des progrès réalisés depuis la 5e Conférence mondiale de Durban en 2022 et de mobiliser la communauté internationale autour des principes et droits fondamentaux au travail, notamment à travers la Coalition mondiale pour la justice sociale.


