La médina de Fès vient d’obtenir une reconnaissance prestigieuse en rejoignant la première liste des sites inscrits au registre du patrimoine architectural et urbain de l’Organisation arabe pour l’éducation, la culture et les sciences (ALECSO). Cette décision, annoncée dans un communiqué officiel, salue le caractère exceptionnel de cette cité millénaire qui continue de fasciner par la richesse de son histoire, la subtilité de son urbanisme et la finesse de son architecture.
Aux côtés de la vieille ville d’Al Qods, la médina de Fès fait désormais partie des sites jugés emblématiques par le Comité d’évaluation de l’ALECSO. Cette reconnaissance ne se limite pas à une simple mention honorifique : elle souligne la valeur patrimoniale, artistique et symbolique d’une ville qui incarne, à elle seule, plusieurs siècles de savoir-faire, de spiritualité et de vie communautaire. Elle rappelle aussi l’importance de préserver ce patrimoine fragile, souvent menacé par l’urbanisation galopante, l’oubli ou encore les mutations sociales.
Fès, fondée au VIIIe siècle, représente l’une des médinas les plus vivantes du monde arabe, tant par son activité quotidienne que par sa capacité à conserver ses structures traditionnelles. Ce tissu urbain, enchevêtré et organique, témoigne d’une logique architecturale ancienne qui allie fonctionnalité, spiritualité et esthétisme. En l’intégrant à son registre, l’ALECSO met en lumière une ville-musée habitée, vivante et toujours en mutation, mais qui n’a jamais rompu avec ses fondations culturelles.
Cette première vague d’inscriptions au registre lancé récemment par l’ALECSO comprend également plusieurs autres sites représentatifs du patrimoine arabe : la vieille ville d’Al Khalil et la grande mosquée Omari à Gaza, la mosquée Zitouna en Tunisie, le site archéologique d’Azougui en Mauritanie, ainsi que le village de Tounine à Ghadamès en Libye. Tous ont en commun d’être des témoins précieux de la créativité architecturale arabe et de l’évolution du goût esthétique dans la région.
Ce registre a été conçu pour aller au-delà de la simple conservation. Il vise à valoriser les contributions des architectes arabes à travers l’histoire, tout en mettant en avant des lieux qui ont su préserver leur âme face à la modernité. En reconnaissant la médina de Fès, l’ALECSO réaffirme également la nécessité de sauvegarder une mémoire collective menacée, en ancrant cette démarche dans une vision où l’architecture devient un outil de transmission culturelle autant qu’un miroir de l’identité urbaine.
Pour les habitants de Fès comme pour les défenseurs du patrimoine, cette inscription est perçue comme une victoire symbolique mais aussi comme une responsabilité. Car figurer sur un registre n’est qu’un premier pas : il s’agit désormais d’entretenir, de restaurer intelligemment et de transmettre, afin que la médina ne devienne jamais une coquille vide mais reste un lieu de vie, d’échange et de fierté pour les générations futures.

