L’astrophysicienne marocaine Meriem Elyajouri vient de franchir une étape décisive dans sa carrière en rejoignant le Space Telescope Science Institute (STScI) de la NASA, à Baltimore. Ce centre prestigieux, installé sur le campus de l’Université Johns Hopkins, est au cœur des plus grandes missions spatiales internationales, notamment celles des télescopes Hubble et James Webb. Elle devient ainsi la première femme marocaine à intégrer cette institution scientifique de référence, inscrivant le Maroc sur la carte mondiale de la recherche spatiale.
Le parcours de Dr Elyajouri illustre la force d’une détermination forgée dès l’enfance. Après avoir grandi au Maroc, elle a poursuivi ses études supérieures en France et a soutenu, en 2018, une thèse de doctorat à l’Observatoire de Paris, couronnée par le prix doctoral de l’Union Astronomique Internationale. Ses recherches se concentrent sur la poussière interstellaire et les bandes diffuses, deux phénomènes clés pour mieux comprendre la naissance des étoiles et l’évolution des planètes. Cette spécialisation l’a conduite dans différents laboratoires et observatoires : de l’ESO de Santiago du Chili à l’Institut d’Astrophysique Spatiale (CNRS, Université Paris-Saclay), dans le cadre d’un programme financé par le CNES, où elle a travaillé jusqu’en 2024 avant de rejoindre le STScI.
Au sein de ce centre international, elle collabore désormais avec des équipes pluridisciplinaires sur l’étude des environnements interstellaires dans la Voie lactée et dans des galaxies proches. Ses travaux visent à décrypter le rôle de la poussière cosmique dans le cycle de formation des étoiles, des planètes et, à plus long terme, des conditions favorables à la vie. L’arrivée de Dr Elyajouri à Baltimore représente ainsi non seulement un accomplissement personnel, mais aussi une avancée majeure pour la présence marocaine dans la recherche spatiale de haut niveau.
Sa carrière ne se résume toutefois pas à la recherche académique. Figure engagée de la vulgarisation scientifique, elle est la fondatrice de SpaceBus Maroc, une initiative itinérante qui sillonne le pays pour rapprocher l’astronomie des citoyens. Elle est également à l’origine du projet Nomads for Science, destiné à toucher les jeunes des régions isolées, et a contribué à la Fondation Atlas Dark Sky, œuvrant pour la préservation des ciels étoilés. En 2024, elle a co-présidé la conférence AfAS, renforçant la coopération scientifique africaine.
Son engagement en faveur de la diffusion des sciences lui a valu en 2025 le Prix Camille Flammarion de la médiation scientifique, décerné par la Société Française d’Astrophysique et d’Astronomie et la Société Astronomique de France. Cette distinction récompensait notamment son projet « Les Étoiles du Petit Prince », un voyage en avion léger reliant la Suisse au Maroc, qui a permis à plus d’un millier d’élèves, dans quinze écoles, de participer à des ateliers interactifs et de découvrir un planétarium mobile.
Avec émotion, elle a résumé son parcours sur LinkedIn : « Enfant, le ciel était ma seule fenêtre sur l’infini. Je n’avais pas de télescope ni de mentor, seulement une volonté farouche et une famille qui m’a toujours soutenue. C’est une immense fierté d’emporter une partie du Maroc au cœur de la science spatiale mondiale. » Ces mots reflètent l’esprit d’une chercheuse qui, tout en franchissant les portes de la NASA, n’oublie jamais les racines de son rêve, ni la responsabilité de transmettre cette passion aux générations futures.

