Toujours présent plus de dix ans après son apparition, le coronavirus du Moyen-Orient refait parler de lui. Face à de nouvelles contaminations recensées fin 2025, l’Organisation mondiale de la santé exhorte les pays à maintenir une surveillance étroite de ce virus respiratoire à fort potentiel de gravité
Dans une mise à jour rendue publique le 21 décembre 2025, l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a signalé une reprise limitée mais préoccupante des infections liées au MERS-CoV. Dix-neuf cas confirmés ont été enregistrés à l’échelle mondiale, dont quatre décès, rappelant que ce virus respiratoire demeure une menace sanitaire persistante, malgré une circulation relativement contenue.
La majorité des contaminations a été identifiée en Arabie saoudite, où le virus circule de manière endémique, principalement en lien avec les dromadaires, reconnus comme son principal réservoir animal. Deux cas supplémentaires ont été détectés en Europe, en France, chez des personnes récemment revenues de la péninsule Arabique. L’un de ces patients n’a pas survécu à l’infection.
Un virus ancien, mais toujours sous surveillance
Détecté pour la première fois en 2012 au Moyen-Orient, le MERS-CoV fait l’objet d’un suivi épidémiologique permanent de la part des autorités sanitaires internationales. Si le nombre total de cas recensés en 2025 reste modéré, l’OMS souligne que la persistance du virus et sa létalité élevée imposent une vigilance continue, notamment dans les régions où la transmission animale à l’homme demeure active.
L’évaluation actuelle du risque mondial et régional est maintenue à un niveau qualifié de modéré. Les données disponibles confirment que la transmission interhumaine reste limitée et survient essentiellement dans des contextes précis, en particulier les établissements de soins, lorsque les mesures de prévention ne sont pas strictement appliquées.
Déplacements internationaux et risques de dissémination
L’apparition de cas importés hors de la zone d’endémie ravive les préoccupations liées à la mobilité internationale. Pour l’OMS, ces situations illustrent la capacité du virus à franchir les frontières, même en l’absence de flambée épidémique majeure. Les autorités sanitaires sont ainsi appelées à renforcer la détection précoce chez les voyageurs présentant des symptômes respiratoires après un séjour dans des régions à risque.
En Arabie saoudite, les autorités sanitaires assurent toutefois que la situation reste sous contrôle. Les infections recensées s’inscriraient dans le schéma habituel de circulation du virus, sans indication, à ce stade, d’une mutation préoccupante susceptible d’en accroître la transmissibilité.
Des formes cliniques parfois sévères
L’infection par le MERS-CoV peut se traduire par un large éventail de manifestations cliniques, allant de symptômes bénins à des formes graves. Les premiers signes incluent généralement de la fièvre, une toux sèche et des difficultés respiratoires. Fatigue intense, douleurs musculaires et céphalées peuvent également survenir.
Chez certains patients, des troubles digestifs sont observés. Les formes les plus sévères peuvent évoluer vers une pneumonie aiguë ou une insuffisance respiratoire nécessitant une prise en charge en soins intensifs. Les personnes âgées et celles souffrant de maladies chroniques figurent parmi les populations les plus vulnérables.
Prévention : un enjeu central en l’absence de traitement
À défaut de vaccin ou de traitement antiviral spécifique, la prévention reste l’arme principale contre le MERS-CoV. L’OMS recommande le respect strict des mesures d’hygiène, notamment le lavage fréquent des mains, ainsi que l’évitement des contacts directs avec les dromadaires et la consommation de produits d’origine animale non pasteurisés.
Dans les milieux de soins, le renforcement des protocoles de prévention des infections est jugé essentiel, incluant l’isolement rapide des cas suspects et la protection du personnel médical. L’organisation appelle également à consulter rapidement un professionnel de santé en cas de symptômes respiratoires, en particulier après un voyage dans une zone touchée.
En rappelant ces consignes, l’OMS insiste sur un message clé : tant que le virus continue de circuler, même de façon sporadique, la vigilance collective demeure indispensable pour éviter toute résurgence incontrôlée.

