Un navire civil transportant de l’aide pour la population de Gaza a été stoppé par les forces navales israéliennes, ce lundi, alors qu’il tentait de franchir le blocus imposé à l’enclave palestinienne. Le voilier, baptisé Madleen, comptait à son bord une douzaine de militants internationaux, dont la militante suédoise Greta Thunberg et l’eurodéputée franco-palestinienne Rima Hassan.
Parti d’Italie début juin, le bateau faisait partie d’une action menée par la “Coalition de la flottille pour la liberté”, une initiative civile qui mêle engagement humanitaire et contestation politique du blocus israélien. L’organisation a perdu le contact avec le voilier dans la nuit de dimanche à lundi, avant d’annoncer qu’il avait été intercepté en mer, dans des conditions jugées contraires au droit international.
Une vidéo diffusée par les organisateurs, enregistrée avant le départ, montre Greta Thunberg évoquant un possible “enlèvement en pleine mer”. Les autorités israéliennes n’ont pas précisé la position exacte où l’intervention a eu lieu, mais ont affirmé que le navire avait été escorté vers le port d’Ashdod, au sud du pays, pour débarquement des passagers.
L’opération a suscité des réactions vives sur la scène internationale. L’Iran a parlé d’un “acte de piraterie”, la Turquie a condamné une “attaque illégale”, et la France a indiqué œuvrer pour un retour rapide de ses ressortissants. Selon Tel Aviv, les passagers devraient être prochainement renvoyés vers leurs pays d’origine. Des images relayées par le ministère des Affaires étrangères israélien montrent les passagers recevant eau et nourriture, munis de gilets de sauvetage.
De son côté, le gouvernement israélien a accusé les activistes d’avoir orchestré une “manœuvre médiatique”, estimant que leur objectif n’était pas d’acheminer de l’aide mais de créer un événement politique. “Israël ne tolérera aucune tentative de briser le blocus maritime, dont le but est d’empêcher les transferts d’armes au Hamas”, a rappelé le ministre de la Défense Israël Katz.
La tension reste vive alors que la guerre déclenchée après l’attaque du Hamas le 7 octobre 2023 continue de ravager la bande de Gaza. Plus de 54 000 Palestiniens, en majorité des civils, ont péri dans les frappes israéliennes selon les autorités de santé locales, des chiffres considérés crédibles par l’ONU. De son côté, Israël déplore 1 218 morts, principalement des civils, lors de l’assaut initial du Hamas, et indique que 55 otages seraient toujours retenus dans la bande de Gaza, dont au moins 31 morts.
Depuis la prise de pouvoir du Hamas en 2007, Gaza vit sous un blocus quasi total, renforcé depuis le début du conflit actuel. La tentative de forcer ce blocus rappelle l’assaut meurtrier de 2010 contre une précédente flottille humanitaire, qui s’était soldé par la mort de dix militants.

