Ce vendredi, l’air est devenu irrespirable pour des millions de Canadiens. Selon le classement mondial d’IQAir, Montréal occupe la deuxième place parmi les villes les plus polluées de la planète, juste derrière Tachkent (Ouzbékistan), suivie de près par Toronto, qui se classe troisième. En cause : un épais nuage de fumée en provenance des feux de forêt qui ravagent les Prairies canadiennes et d’autres provinces.
Dans la métropole québécoise, le constat est alarmant. À 16 h 30, l’indice de qualité de l’air (IQA) affichait 164, un niveau jugé malsain, dépassant même des mégapoles habituellement plus exposées comme Delhi, Manille ou Santiago. L’air est saturé de particules fines, ce qui provoque une baisse significative de la visibilité et des problèmes respiratoires croissants, en particulier chez les personnes les plus vulnérables.
Une brume toxique qui ne faiblit pas
Le ministère de l’Environnement du Canada a émis des avis spéciaux pour plusieurs régions, notamment au Québec, en Ontario, en Saskatchewan, au Manitoba, en Alberta et en Colombie-Britannique. Des vents ont transporté la fumée vers l’Est du pays, affectant notamment la grande région de Montréal, désormais enveloppée d’un voile grisâtre qui brouille le ciel.
L’organisme rappelle que la fumée des incendies de forêt, composée de particules fines et de polluants atmosphériques, présente un danger réel pour la santé publique. Les personnes âgées, les jeunes enfants, les femmes enceintes ainsi que les personnes souffrant de maladies chroniques sont particulièrement exposées. La situation devrait persister au moins jusqu’à samedi, aggravant le risque pour la population.
Des incendies sans précédent
Depuis le début de la saison des feux, plus de 160 brasiers ont été recensés dans plusieurs provinces, forçant plus de 25 000 personnes à évacuer. Plus de deux millions d’hectares ont déjà été consumés par les flammes. En 2023, le Canada avait vécu la pire saison de feux de forêt de son histoire, avec près de 18 millions d’hectares brûlés, bien au-delà de la moyenne annuelle habituelle de deux millions.
Cette année encore, les conditions climatiques extrêmes – chaleur intense, sécheresse prolongée et vents violents – favorisent la propagation rapide des incendies, compliquant le travail des pompiers et des autorités locales.
Un quotidien bouleversé et des consignes strictes
En raison de cette situation préoccupante, les autorités recommandent de limiter les déplacements extérieurs, d’éviter les activités sportives à l’air libre et de rester à l’intérieur autant que possible. Les fenêtres et portes doivent être maintenues fermées, et il est conseillé d’utiliser un purificateur d’air ou des filtres à haute efficacité dans les systèmes de ventilation.
Pour ceux qui doivent sortir, le port d’un masque N95 ou équivalent est vivement recommandé, bien qu’il ne protège pas totalement contre les particules ultrafines. Les symptômes les plus fréquents signalés incluent irritation des yeux et de la gorge, toux sèche, maux de tête, voire douleurs thoraciques ou essoufflement dans les cas plus graves.
Dans les quartiers les plus touchés, des élans de solidarité émergent : les citoyens prennent des nouvelles de leurs voisins vulnérables, offrent leur aide ou partagent des solutions pour améliorer la qualité de l’air intérieur.

