Le 11 juillet à Marseille, Mostafa Terrab, président-directeur général du Groupe OCP, a reçu les insignes de Docteur Honoris Causa de l’Université d’Aix-Marseille, lors d’une cérémonie solennelle organisée au Palais du Pharo. Cette haute distinction, l’une des plus prestigieuses du monde universitaire, consacre le parcours remarquable de cet ingénieur marocain devenu figure de proue du développement industriel, scientifique et éducatif en Afrique.
Par ce geste académique, l’institution française salue un homme dont la trajectoire allie rigueur scientifique, vision stratégique et service du bien commun. Le président de l’Université, Eric Berton, a souligné la portée de l’engagement de Terrab en faveur de la souveraineté scientifique, de la sécurité alimentaire et de la décarbonation industrielle du continent africain. Cette reconnaissance vient renforcer une dynamique de coopération Nord-Sud, à l’heure où les enjeux énergétiques, agricoles et intellectuels redessinent les rapports de force mondiaux.
Formé à l’École nationale des ponts et chaussées, puis au Massachusetts Institute of Technology (MIT), Mostafa Terrab s’est distingué dès ses débuts par une approche intégrant innovation technologique et pensée systémique. De retour au Maroc dans les années 1990, il dirige l’ANRT où il orchestre la libéralisation des télécommunications, avant d’occuper des fonctions stratégiques au Cabinet royal et à la Banque mondiale. C’est en 2006 qu’il prend la tête de l’OCP, alors en pleine mutation. Sous sa direction, le groupe passe d’un statut d’exportateur brut de phosphates à celui de leader mondial intégré des solutions agricoles, fortement ancré sur le continent africain.
Cette transformation n’est pas seulement industrielle. Elle porte une vision géopolitique affirmée : faire de l’OCP un levier de co-développement, de transfert technologique et de souveraineté productive. Le groupe investit massivement dans des infrastructures durables, comme un pipeline de 235 km reliant Khouribga à Jorf Lasfar, tout en menant une politique de digitalisation et de décarbonation de ses chaînes de valeur. À travers des partenariats actifs dans plus de 20 pays africains, l’OCP adapte ses engrais aux spécificités régionales, installe des unités de production locales et encourage la fertilité des sols tout en formant les agriculteurs aux technologies modernes.
En parallèle, Mostafa Terrab lance en 2013 l’Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P), adossée à l’OCP. Cette institution se veut un moteur de recherche appliquée et un vivier de talents africains. Installée à Benguerir, elle attire aujourd’hui des chercheurs internationaux et des milliers d’étudiants du continent, avec des pôles d’excellence dans des domaines clés comme l’intelligence artificielle, les biotechnologies, l’agriculture de précision ou encore les énergies renouvelables. L’UM6P incarne une réponse ambitieuse à la fuite des cerveaux, en proposant des conditions de formation de haut niveau sur le sol africain.
Discret dans les médias, mais influent dans les cercles de réflexion internationaux tels que le Council on Foreign Relations, le Club de Rome ou l’International Fertilizer Association (qu’il préside depuis 2019), Mostafa Terrab s’inscrit dans une tradition d’action plutôt que de discours. Ce nouveau Doctorat Honoris Causa, après celui décerné par Polytechnique Montréal en 2022, consacre un leadership singulier, tourné vers l’avenir du continent africain, fondé sur le savoir, la coopération et l’autonomie.
Dans un contexte mondial marqué par les crises, le parcours de Terrab résonne comme une démonstration que l’excellence peut naître et se développer au Sud. Son action, à travers des institutions solides et une vision durable, trace une voie nouvelle pour les générations futures africaines : celle d’une Afrique formatrice, innovante, et actrice de son destin.

