La conquête de Paris restera hors de portée pour Rachida Dati. Candidate de la droite et du centre, l’actuelle maire du VIIe arrondissement a subi une défaite nette au second tour des élections municipales de 2026, confirmant l’échec déjà enregistré en 2020.
Malgré une campagne offensive et fortement personnalisée, celle qui ambitionnait de s’imposer à l’Hôtel de Ville n’a pas réussi à inverser la dynamique en sa faveur. Elle s’incline face à Emmanuel Grégoire, représentant d’une gauche rassemblée hors La France insoumise.
Une dynamique défavorable dès le premier tour
Le scrutin s’est joué en partie dès le premier tour, où Rachida Dati n’avait recueilli que 25,46% des suffrages. Une base jugée insuffisante pour espérer un retournement au second tour, d’autant que les reports de voix attendus ne se sont pas matérialisés.
L’alliance conclue avec Pierre-Yves Bournazel n’a pas produit les effets escomptés. Le retrait inattendu de ce dernier a brouillé la lisibilité du rassemblement centriste, fragilisant davantage la candidate de droite.
Dans le même temps, la configuration à gauche n’a pas joué en sa faveur. Le maintien de Sophia Chikirou dans la course, tout comme le retrait de l’eurodéputée Sarah Knafo, n’ont pas permis de recomposer un rapport de force plus favorable.
Un parcours politique marqué par des ascensions rapides
Figure politique singulière, Rachida Dati s’est imposée dans le paysage français dès 2007, lorsqu’elle est nommée garde des Sceaux sous la présidence de Nicolas Sarkozy.
Issue d’un milieu modeste ; fille d’un père d’origine marocaine et d’une mère d’origine algérienne, elle a construit une trajectoire souvent présentée comme emblématique de l’ascenseur social républicain. Son style direct et son positionnement assumé lui ont permis de s’installer durablement dans le débat public.
Une exposition renforcée, mais un objectif manqué
Sa nomination au ministère de la Culture en janvier 2024, sous l’impulsion du président Emmanuel Macron, avait renforcé sa visibilité politique et relancé ses ambitions parisiennes.
Mais cette nouvelle tentative s’achève, comme la précédente, par un échec. Une issue qui fragilise sa stratégie politique à court terme, alors que d’autres échéances et défis judiciaires se profilent dans son agenda.
À Paris, la bataille municipale confirme ainsi la difficulté persistante pour la droite de reconquérir une capitale solidement ancrée à gauche depuis plus d’une décennie.

