De plus en plus d’internautes se tournent vers ChatGPT pour chercher des réponses, trouver du réconfort ou même aborder des sujets profondément personnels. Certains vont jusqu’à en faire un confident numérique, voire un substitut de thérapeute. Mais Sam Altman, le patron d’OpenAI, met en garde : ces conversations ne sont protégées par aucune loi sur la confidentialité, contrairement à celles que l’on aurait avec un psychologue, un médecin ou un avocat.
Dans un entretien accordé au podcast This Past Weekend animé par Theo Von, Altman explique que « des millions d’utilisateurs livrent chaque jour des aspects très intimes de leur vie à ChatGPT », en évoquant leurs relations, leurs problèmes familiaux ou des situations de détresse émotionnelle. Selon lui, sur les 5 milliards de requêtes quotidiennes adressées au chatbot, un grand nombre relèveraient de l’ordre du privé, parfois même de l’intime.
Le problème ? ChatGPT n’est pas encadré par un secret professionnel. Si une autorité judiciaire en faisait la demande, OpenAI pourrait être légalement contrainte de transmettre le contenu de ces échanges. « Nous n’avons pas encore trouvé le moyen d’offrir la même protection qu’un thérapeute ou un avocat », admet Altman, qui plaide pour la création d’un cadre juridique strict afin d’assurer aux utilisateurs une sécurité similaire à celle garantie dans les professions réglementées.
Cette faille soulève des inquiétudes majeures. En l’absence de législation claire, la confidentialité des discussions avec l’IA reste vulnérable. Altman le reconnaît : « Nous devrions avoir un principe de confidentialité aussi fort pour les conversations avec une IA que pour celles que l’on a avec un professionnel de santé. »
Le dirigeant d’OpenAI, tout en travaillant sur la prochaine version de son modèle, le GPT-5, avertit que cette question pourrait freiner l’adoption mondiale de ChatGPT. Car si l’outil séduit par sa puissance et sa capacité à répondre à des demandes variées, le manque de garanties légales en matière de vie privée risque de devenir un obstacle majeur.
Derrière cette alerte, c’est un débat de fond qui s’ouvre : jusqu’où sommes-nous prêts à confier nos pensées les plus personnelles à une intelligence artificielle dont la protection juridique reste encore à construire ?

