Une nouvelle épidémie d’Ebola a été officiellement déclarée dans la province de l’Ituri, dans l’est de la République démocratique du Congo, ravivant les inquiétudes sanitaires dans une région déjà fragilisée par l’insécurité et la mobilité constante des populations.
Selon les Centres africains de contrôle et de prévention des maladies (CDC Afrique), près de 246 cas suspects ont été recensés et au moins 65 décès enregistrés à ce stade, principalement dans les localités de Mongwalu et Rwampara, connues pour leur activité minière intense et les importants flux de population qu’elle engendre. Les autorités sanitaires régionales redoutent une évolution rapide de la situation, dans un contexte où les déplacements fréquents compliquent la surveillance épidémiologique.
Des analyses effectuées par l’Institut national de recherche biomédicale (INRB) à Kinshasa ont confirmé la présence du virus Ebola dans une majorité d’échantillons testés, en collaboration avec les autorités sanitaires congolaises. D’autres prélèvements restent en cours d’examen afin de déterminer l’ampleur exacte de la propagation et d’identifier la souche en circulation.
Le bilan humain, déjà préoccupant, pourrait encore s’alourdir. Sur les 65 décès rapportés, plusieurs ont été confirmés comme étant directement liés au virus, tandis que d’autres cas restent en cours d’investigation. Les autorités sanitaires insistent sur la nécessité d’une réponse rapide pour éviter une diffusion vers d’autres provinces, voire au-delà des frontières nationales.
Ce qu’il faut savoir du virus Ebola
Maladie hautement contagieuse et souvent mortelle, Ebola se transmet par contact direct avec les fluides corporels d’une personne infectée. Elle provoque une forte fièvre, une fatigue intense, des douleurs musculaires et peut évoluer vers des complications hémorragiques graves, entraînant parfois une défaillance multiviscérale. Aucun traitement curatif totalement efficace n’existe à ce jour, bien que des avancées médicales aient permis d’améliorer la prise en charge et de réduire la mortalité lors de certaines flambées.
La situation est d’autant plus préoccupante que la province de l’Ituri est marquée par une instabilité persistante. Sous administration militaire depuis 2021, la région fait face à la présence de plusieurs groupes armés, ce qui complique les opérations humanitaires et le suivi des chaînes de contamination. Cette instabilité, combinée à la proximité avec l’Ouganda et le Soudan du Sud, fait craindre une propagation transfrontalière du virus.
Il s’agit de la dix-septième épidémie d’Ebola enregistrée en République démocratique du Congo, pays où le virus a été identifié pour la première fois en 1976. L’histoire sanitaire du pays reste profondément marquée par ces flambées récurrentes, dont la plus meurtrière, entre 2018 et 2020, avait causé près de 2 300 décès.
Alors que les autorités congolaises ne se sont pas encore officiellement prononcées sur la déclaration de l’épidémie, une conférence de presse est attendue dans les prochaines heures afin de préciser les mesures de riposte. En attendant, les équipes sanitaires locales et internationales se mobilisent pour tenter de contenir une crise qui pourrait rapidement s’étendre si elle n’est pas maîtrisée.

