OpenAI a décidé de mettre fin à Sora, son application de génération de vidéos par intelligence artificielle, moins de deux ans après son lancement qui avait pourtant suscité un engouement mondial. Dans le même mouvement, l’entreprise américaine met un terme à son partenariat estimé à un milliard de dollars avec Disney, marquant un virage stratégique majeur vers d’autres domaines jugés plus prometteurs, notamment la robotique et les systèmes autonomes.
La décision a été confirmée mercredi par OpenAI, qui explique vouloir réorienter ses ressources vers des technologies capables d’agir concrètement dans le monde réel. L’entreprise évoque notamment le développement d’agents autonomes et de robots, formés grâce aux mêmes modèles ayant permis de générer des vidéos réalistes à partir de simples instructions textuelles. En revanche, les outils de génération d’images intégrés à ChatGPT restent opérationnels.
Lancé en 2024, Sora avait rapidement attiré l’attention par la qualité de ses vidéos, capables de reproduire des scènes complexes avec un réalisme saisissant. Cette avancée avait nourri autant d’enthousiasme que d’inquiétudes, notamment dans les secteurs du cinéma et des médias. Malgré cette visibilité, la rentabilité du produit n’a jamais été clairement établie. Plusieurs analystes pointent un modèle économique fragile, marqué par des coûts de développement élevés et des revenus limités.
Au-delà des enjeux financiers, la plateforme s’est heurtée à des difficultés persistantes pour encadrer les usages. La création d’images non consenties, la diffusion de contenus trompeurs et les risques de violation du droit d’auteur ont alimenté les critiques. Pour certains observateurs, la fermeture de Sora vise aussi à réduire ces risques à un moment où OpenAI subit une pression croissante de ses investisseurs et de ses concurrents, dans un contexte où l’entreprise reste déficitaire.
Le partenariat conclu avec Disney en décembre dernier avait pourtant été perçu comme un tournant. L’accord autorisait l’utilisation de licences emblématiques, permettant aux utilisateurs de Sora de générer des vidéos mettant en scène des personnages célèbres comme Mickey Mouse ou des figures de l’univers Star Wars. Cette collaboration inédite entre une grande major hollywoodienne et une entreprise d’intelligence artificielle devait ouvrir la voie à de nouveaux usages, tout en encadrant les questions de propriété intellectuelle.
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Dans un bref communiqué, Disney a indiqué respecter la décision d’OpenAI et a annoncé son intention de se tourner vers d’autres plateformes pour poursuivre ses expérimentations avec l’intelligence artificielle, tout en veillant à protéger ses droits. L’industrie du divertissement, déjà engagée dans plusieurs batailles juridiques contre les entreprises technologiques, observe avec attention ces évolutions.
Ce retrait marque un coup d’arrêt pour les ambitions d’OpenAI dans la génération vidéo, mais reflète surtout une redistribution des priorités. L’entreprise semble désormais concentrer ses efforts sur des applications plus concrètes et potentiellement rentables de l’intelligence artificielle, dans un environnement où les enjeux économiques, réglementaires et éthiques deviennent de plus en plus déterminants.

