La révolution de la mobilité électrique n’avance pas partout au même rythme. En Europe du Nord, certains pays ont atteint un niveau d’adoption qui dépasse largement celui des géants industriels.
La Norvège illustre de manière éclatante cette mutation : plus de 90 % des immatriculations de voitures neuves enregistrées au premier semestre 2025 concernaient des modèles électriques. Le Danemark, les Pays-Bas et la Belgique suivent cette tendance, avec respectivement 63,6 %, 35 % et 32,8 % de parts de marché, selon pwc.
À des niveaux plus modestes mais significatifs, la France et l’Allemagne affichent des trajectoires similaires. Sur les six premiers mois de 2025, un peu moins d’un véhicule neuf sur cinq y était 100 % électrique, avec une proportion établie à 17,7 %. L’Europe apparaît donc comme un laboratoire de l’adoption, même si tous ses pays n’avancent pas à la même vitesse.
À l’échelle mondiale, c’est cependant la Chine qui impressionne par la force de ses volumes. En mai 2025, le pays a franchi un cap spectaculaire avec plus d’un million de ventes en un seul mois. Cette performance s’inscrit dans une dynamique déjà forte : près de 30 % des nouvelles immatriculations du premier semestre (y compris les véhicules utilitaires) concernaient des modèles électriques. De tels chiffres consolident le statut de premier marché mondial de l’électrique.
Le contraste est frappant avec d’autres grandes économies. Aux États-Unis, en Espagne ou encore en Italie, la part des voitures électriques dans les ventes totales se situe encore entre 5 % et 8 %. Des niveaux jugés faibles au regard des ambitions climatiques affichées, mais qui témoignent aussi de contraintes structurelles, qu’il s’agisse du prix, du réseau de recharge ou des choix de politiques publiques.
Il faut dire que le succès norvégien repose sur un arsenal d’avantages difficilement reproductible ailleurs : exonérations fiscales, gratuité de certains péages et aides substantielles à l’achat. Ces leviers, coûteux pour l’État, expliquent en partie pourquoi la transition électrique y a été plus rapide qu’ailleurs. Mais rares sont les pays disposant des mêmes marges de manœuvre budgétaires pour soutenir un tel modèle.
Si l’on prend un peu de recul, le seuil symbolique de dix millions de voitures électriques vendues dans le monde en 2024 illustre à lui seul l’accélération du mouvement. Avec près de 10 % de croissance par rapport à l’année précédente, la mobilité électrique a cessé d’être une niche pour devenir un marché structurant de l’industrie automobile. La France a d’ailleurs franchi un jalon particulier fin 2024, en dépassant pour la première fois le million de véhicules électriques en circulation, soit environ 2 à 3 % de son parc national.
Enfin, la voiture électrique présente des atouts indéniables (coûts d’entretien réduits, avantages fiscaux, confort de conduite et bénéfices environnementaux) mais elle reste confrontée à plusieurs défis, parmi lesquels l’autonomie, la lenteur de recharge et le prix initial. La question n’est donc plus de savoir si elle s’imposera, mais à quel rythme elle parviendra à dépasser ces limites pour devenir la norme de la mobilité mondiale.


