À la veille d’une nouvelle séquence diplomatique aux Nations unies, l’Élysée a confirmé jeudi que dix pays, parmi lesquels la France, officialiseront lundi à New York la reconnaissance d’un État palestinien. Une annonce hautement symbolique, qui intervient alors que la guerre à Gaza connaît une nouvelle escalade.
Selon un conseiller du président Emmanuel Macron, la démarche sera portée en marge de l’Assemblée générale de l’ONU, lors d’une conférence conjointe réunissant les représentants de la France, de l’Andorre, de l’Australie, de la Belgique, du Canada, du Luxembourg, du Portugal, de Malte, du Royaume-Uni et de Saint-Marin. Paris est à l’initiative de ce mouvement, présenté comme une tentative de « créer une dynamique politique irréversible » autour de la solution à deux États.
Une guerre qui s’intensifie à Gaza
Sur le terrain, la situation reste dramatique. L’armée israélienne poursuit son offensive à Gaza-ville, qu’elle présente comme l’épicentre du Hamas. Tsahal a affirmé qu’elle allait recourir à « une force sans précédent » dans les prochaines heures, tout en appelant la population à évacuer la cité.
D’après ses estimations, près de 480 000 Palestiniens ont déjà fui la plus grande agglomération de l’enclave depuis la fin août, alimentant une crise humanitaire d’ampleur. Les agences humanitaires alertent sur l’impossibilité d’acheminer suffisamment d’aide dans un territoire à bout de souffle.
Le Conseil de sécurité de l’ONU à nouveau paralysé
Au Conseil de sécurité, les divisions persistent. Les États-Unis ont mis leur veto, jeudi, à un projet de résolution réclamant un cessez-le-feu immédiat et un accès humanitaire sans entrave à Gaza. Washington justifie son opposition par la nécessité de préserver la liberté d’action d’Israël face au Hamas, mais ce blocage alimente les critiques croissantes de nombreux États membres, qui y voient une impasse diplomatique.
Une initiative diplomatique sous tension
L’annonce coordonnée de ces dix pays pourrait marquer un tournant symbolique, même si son impact concret reste incertain. La reconnaissance d’un État palestinien divise toujours la communauté internationale et, plus encore, reste rejetée par Israël.
Dans ce contexte, la conférence de lundi à New York s’annonce comme un moment fort de la diplomatie onusienne, mais aussi comme un nouveau test de la capacité de la communauté internationale à peser sur un conflit qui s’enlise.

