Pavel Durov, le milliardaire russo-émirati derrière l’application de messagerie Telegram, a récemment révélé un héritage hors normes : sa fortune estimée à plus de 17 milliards de dollars sera partagée entre ses 106 enfants. Dans un entretien accordé au magazine Le Point, l’entrepreneur de 40 ans a détaillé les conditions strictes de ce legs inégalé dans l’histoire des géants du numérique.
Le fondateur de Telegram affirme ne faire aucune distinction entre ses enfants biologiques — six, issus de trois partenaires — et ceux conçus par don de sperme dans 12 pays différents. Tous auront les mêmes droits, a-t-il insisté, souhaitant éviter toute rivalité future. Mais les héritiers ne pourront accéder à leur part qu’à partir de 2055, et seulement après avoir atteint l’âge de 30 ans. “Je veux qu’ils se construisent seuls, qu’ils apprennent à se faire confiance, à créer, sans dépendre d’un compte en banque”, explique Durov.
Cet engagement s’inscrit dans une vision éducative rigoureuse. Adeptes d’un mode de vie discipliné, Durov affirme ne pas consommer d’alcool, ni de café, ni de sucre, et pratiquer quotidiennement des exercices physiques exigeants. Cette rigueur, il l’applique aussi à la gestion de Telegram, qu’il veut protéger des ingérences étatiques, tout en affirmant le rôle neutre de la plateforme.
Pour autant, le milliardaire n’est pas épargné par la controverse. Arrêté en France en 2024, il fait face à de lourdes accusations : sa messagerie serait utilisée pour des activités criminelles, dont le trafic de drogue et la diffusion de contenus pédopornographiques. Durov rejette fermement ces charges, qu’il qualifie “d’absurdes”, rappelant qu’aucune preuve ne l’incrimine personnellement. “Ce n’est pas parce que des criminels utilisent Telegram que nous en sommes responsables”, affirme-t-il.
Malgré la tempête judiciaire, Durov conserve une ligne claire : défendre la liberté d’expression et garantir à Telegram une indépendance totale. “Je veux que Telegram reste fidèle aux valeurs que je défends : l’accès libre à une information pluraliste et indépendante”, précise-t-il.
Son choix de succession illustre cette volonté de contrôler son héritage personnel et professionnel avec la même rigueur. Un héritage qui, s’il se concrétise, pourrait voir plus de cent enfants hériter chacun de plus de 130 millions de dollars. Une initiative aussi rare qu’inédite dans le monde des nouvelles technologies, où les fortunes s’amassent mais se transmettent rarement selon une telle logique égalitaire.

