Douze membres du personnel du centre hospitalier universitaire Radboudumc, aux Pays-Bas, ont été placés en quarantaine préventive pendant six semaines après plusieurs manquements relevés dans la prise en charge d’un patient atteint d’Hantavirus. L’incident concerne un passager du navire d’exploration polaire MV Hondius, récemment identifié comme foyer d’un cluster du virus rare.
Le patient, évacué par avion sanitaire puis admis à Nimègue le 7 mai, a rapidement été testé positif à l’hantavirus. Selon le communiqué publié par l’hôpital, une première erreur est survenue lors du traitement d’un prélèvement sanguin. Les échantillons auraient été manipulés selon une procédure classique alors qu’un protocole renforcé était requis compte tenu du niveau de risque biologique associé au virus.
Quelques jours plus tard, un second manquement a été constaté lors de l’élimination des urines du patient. L’établissement reconnaît que les dernières réglementations sanitaires internationales n’ont pas été respectées au moment du traitement des déchets biologiques. Face à ces défaillances, les autorités hospitalières ont décidé d’isoler préventivement les douze soignants susceptibles d’avoir été exposés.
La direction de Radboudumc tente néanmoins de rassurer. Bertine Lahuis, présidente du conseil d’administration de l’hôpital universitaire, affirme que le risque réel de contamination demeure faible. L’établissement insiste également sur le fait qu’aucun danger ne menace les visiteurs ou les autres patients de l’hôpital.
L’affaire survient dans un contexte de forte attention médiatique autour du MV Hondius. Le navire battant pavillon néerlandais a été au centre d’une vaste opération sanitaire après la détection de plusieurs cas d’hantavirus à bord. Selon les données communiquées par l’Organisation mondiale de la santé, au moins sept personnes ont été testées positives et un huitième cas reste considéré comme probable.
Trois décès ont déjà été signalés dans ce cluster sanitaire qui a conduit à l’évacuation progressive des passagers et membres d’équipage depuis Tenerife vers les Pays-Bas. Les images des évacués descendant des avions sanitaires, masqués et transportant leurs effets personnels dans des sacs de protection, ont largement circulé dans les médias européens.
Le hantavirus reste une maladie rare mais potentiellement grave. Le virus se transmet généralement par contact avec des excréments, de l’urine ou de la salive de rongeurs infectés. Certains actes médicaux susceptibles de générer des aérosols imposent donc des protocoles stricts de biosécurité dans les établissements hospitaliers. L’OMS considère d’ailleurs les professionnels de santé exposés sans équipement adapté comme des cas contacts à haut risque.
Aucun vaccin ni traitement spécifique n’existe actuellement contre l’hantavirus. Les autorités sanitaires européennes rappellent toutefois que le risque pour la population générale reste limité et qu’aucune comparaison avec la pandémie de Covid-19 n’est envisagée à ce stade.
Le centre hospitalier universitaire de Radboud a annoncé l’ouverture d’une enquête interne afin de comprendre les circonstances exactes des erreurs de procédure et d’éviter qu’un incident similaire ne se reproduise. Pendant ce temps, le MV Hondius poursuit son retour vers Rotterdam, où des opérations complètes de désinfection sont prévues à son arrivée.


