L’Agence nationale des eaux et forêts (ANEF) a annoncé l’ouverture officielle de la saison de la pêche continentale 2026-2027 au Maroc à partir du dimanche 8 mars. Cette reprise marque un rendez-vous attendu par les pêcheurs sportifs, les professionnels du secteur et les acteurs de l’aquaculture, dans un contexte où la gestion durable des ressources aquatiques devient un enjeu central pour les territoires ruraux et de montagne.
Dans un communiqué, l’agence souligne que la pêche continentale occupe une place stratégique dans l’économie locale. Elle combine plusieurs activités complémentaires : la pêche sportive et de loisir, qui participe à l’attractivité touristique des régions naturelles ; la pêche commerciale, source de revenus pour de nombreux acteurs locaux ; et l’aquaculture continentale, considérée comme un pilier de la production halieutique durable. Ensemble, ces composantes contribuent à dynamiser les économies rurales tout en valorisant les écosystèmes aquatiques.
La nouvelle saison s’ouvre toutefois dans un environnement marqué par la pression hydrique et les effets du changement climatique. Face à ces contraintes, l’ANEF place la préservation de la biodiversité piscicole au cœur de ses priorités, notamment pour les espèces patrimoniales comme la truite fario, particulièrement sensible aux modifications de son habitat naturel.
La saison précédente a été marquée par un effort important de repeuplement des milieux aquatiques. Au total, 26,7 millions d’alevins ont été introduits dans les plans d’eau et les cours d’eau à travers le Royaume, une opération destinée à renforcer les stocks halieutiques et à soutenir la pérennité de l’activité. Ces actions s’inscrivent dans une stratégie plus large de gestion scientifique des ressources, qui comprend également le suivi des milieux aquatiques et la régulation des pratiques de pêche.
L’ANEF veille par ailleurs à l’application stricte de la réglementation encadrant la pêche continentale, notamment à travers l’arrêté annuel fixant les quotas, les tailles minimales de capture et les périodes d’ouverture. Cette régulation s’appuie aussi sur le travail du Centre national d’hydrobiologie et de pisciculture d’Azrou, chargé de la production d’alevins, ainsi que sur des opérations de surveillance des parcours halieutiques et de lutte contre le braconnage.
La gouvernance du secteur repose également sur un dialogue avec les acteurs locaux. La réunion du Conseil national de la pêche et de l’aquaculture continentales, tenue le 5 février dernier, a permis de consolider les orientations stratégiques pour la nouvelle saison et de renforcer la coordination entre l’administration, les associations de pêcheurs et les fédérations professionnelles.
Parallèlement, la pratique de la pêche écologique en mode « No-Kill », qui consiste à relâcher les poissons capturés afin de préserver les populations naturelles, poursuit sa progression. Cinq nouveaux sites viennent d’être classés, portant à 56 le nombre total de parcours « No-Kill » à l’échelle nationale. Cette évolution confirme l’orientation vers une pêche sportive durable et respectueuse des milieux naturels.
Le secteur reste néanmoins confronté à plusieurs défis. La variabilité climatique, le stress hydrique et la pression exercée sur certains écosystèmes fragiles s’ajoutent à la persistance d’actes isolés de pêche illégale. Malgré ces contraintes, les perspectives demeurent réelles, notamment grâce au développement du tourisme halieutique durable, à l’essor d’une aquaculture plus résiliente et à la structuration progressive des chaînes de valeur.
Pour l’ANEF, l’ouverture de la saison 2026-2027 constitue avant tout un moment clé pour rappeler la responsabilité collective qui entoure la gestion des ressources aquatiques. Le respect de la réglementation, l’engagement des pêcheurs et la coopération entre les institutions, les associations et les usagers restent les conditions essentielles pour préserver le patrimoine halieutique national et en assurer la transmission aux générations futures.


