À fin mai 2025, la mer continue de rapporter gros. Même si les filets se sont un peu allégés, les caisses, elles, se remplissent : les produits de la pêche côtière et artisanale ont généré plus de 4,4 milliards de dirhams, soit 1% de mieux qu’à la même période l’an dernier, selon les derniers chiffres publiés par l’Office national des pêches (ONP).
Un paradoxe apparent : moins de poisson, mais plus d’argent. Le volume total débarqué s’est établi à 321.520 tonnes, enregistrant une chute de 18%, mais la valeur des espèces commercialisées compense largement. En tête des progressions : les coquillages, dont la valeur a explosé de 188%, suivis par le poisson blanc (+14%), les céphalopodes (+6%) et les crustacés (+1%). Seuls les algues et les poissons pélagiques tirent la courbe vers le bas avec des baisses respectives de 54% et 15% en valeur.
Côté tonnage, même tendance contrastée. Les coquillages bondissent de 119% (47 tonnes), le poisson blanc avance de 23% (51.388 tonnes), mais les autres catégories reculent : algues (-63%), poissons pélagiques (-24%), crustacés (-7%) et céphalopodes (-6%).
Sur le plan géographique, les ports de la Méditerranée ont bien tiré leur épingle du jeu : 7.030 tonnes débarquées, soit une progression de 10%, pour une valeur dépassant 349 millions de dirhams (+7%). En revanche, les ports de l’Atlantique affichent un recul de 19% en volume (314.489 tonnes), avec une valeur avoisinant tout de même 4,07 milliards de dirhams.
Dans un contexte de raréfaction des ressources halieutiques, ces résultats montrent que la valeur ajoutée prime de plus en plus sur la quantité, un signal fort pour les filières de transformation et de valorisation du poisson marocain.

