Le traitement et la distribution des permis de conduire et des certificats d’immatriculation au Maroc entrent dans une nouvelle phase. Mercredi, au centre de tri de Barid Al-Maghrib à Bouskoura, le ministre du Transport et de la Logistique, Abdessamad Kayouh, a donné le coup d’envoi d’un dispositif modernisé visant à réduire drastiquement les délais de remise de ces documents administratifs, désormais annoncés à moins d’une semaine contre près de deux mois auparavant.
Portée par un partenariat entre Agence Nationale de la Sécurité Routière et Barid Al-Maghrib, cette opération repose sur une refonte complète du circuit de tri et d’acheminement. L’ambition est claire : fluidifier un service longtemps saturé, tout en rapprochant l’administration des usagers grâce à un maillage territorial renforcé. En 2025, près de 1,5 million de documents devraient être traités via plus de 700 points de distribution, principalement les agences Al Barid Bank et Barid Cash.
Dans les faits, le changement est profond. Jusqu’ici, les centres provinciaux et régionaux de la NARSA, au nombre d’environ 75, concentraient l’ensemble des opérations. Une organisation qui générait une forte affluence et rallongeait les délais, les agents étant mobilisés à la fois sur le traitement des dossiers et d’autres missions liées à la sécurité routière. Le nouveau système introduit une automatisation accrue et un transfert logistique vers Barid Al-Maghrib, permettant de désengorger ces structures.
Pour les citoyens, l’impact est immédiat. Ils pourront choisir le point de retrait qui leur convient, une avancée notable notamment pour les habitants des zones rurales, souvent confrontés à des délais prolongés et à des coûts supplémentaires liés aux déplacements. À terme, le dispositif devrait monter en puissance pour atteindre 3 millions de documents distribués à travers 1.500 points.
Du côté de la NARSA, son directeur général, Benacer Boulaajoul, insiste sur la cohérence de cette initiative avec la stratégie de transformation digitale de l’agence. L’objectif est de limiter l’intervention humaine et de simplifier les parcours administratifs. Le centre de tri de Bouskoura joue ici un rôle clé : dès réception, les documents sont traités en continu, réduisant à trois jours une opération qui nécessitait auparavant plus d’un mois pour le tri et l’acheminement.
La réforme ne s’arrête pas là. Une deuxième phase prévoit l’élargissement du dispositif à d’autres services, notamment les immatriculations réalisées directement chez les concessionnaires automobiles et les permis délivrés aux nouveaux conducteurs après réussite à l’examen. Une évolution qui devrait renforcer la cohérence du parcours administratif autour du véhicule et du conducteur.
Sur le plan opérationnel, l’ensemble du dispositif mobilise plusieurs entités du groupe Barid Al-Maghrib, dont Barid Media et les services Amana. Selon Fouad Zaidi, l’automatisation des प्रक्रés de tri permet désormais de gérer efficacement le flux quotidien de cartes émises par la NARSA, avec un niveau de précision et de rapidité nettement amélioré.
La cérémonie de lancement, marquée par une visite du site et une démonstration en direct du nouveau système, s’est déroulée en présence de plusieurs responsables, dont le gouverneur de la province de Nouaceur, Jalal Benhayoun, ainsi que le directeur général du groupe Barid Al-Maghrib, Ahmed Amin Benjelloun Touimi, et le président du directoire d’Al Barid Bank, Al Amine Nejjar.
Avec cette modernisation, l’administration marocaine tente de répondre à une attente ancienne : rendre les services publics plus rapides, plus accessibles et mieux adaptés aux réalités du terrain.


