À quelques jours du lancement de l’opération Marhaba 2025, une décision des autorités espagnoles fait monter la tension parmi les Marocains résidant à l’étranger. La Direction générale espagnole de la circulation (DGT) a entamé l’application stricte d’une mesure imposant des amendes pouvant atteindre 5.000 dirhams (500 euros) à toute personne résidant légalement en Espagne mais n’ayant pas échangé son permis de conduire marocain contre un permis espagnol.
Cette mesure découle d’un durcissement engagé dès 2004, lorsque les autorités espagnoles avaient cessé de reconnaître automatiquement les permis marocains, en raison d’abus constatés dans leur délivrance. Désormais, seuls les permis obtenus avant l’installation officielle en Espagne peuvent être échangés sans examen. Les autres conducteurs doivent repasser les épreuves espagnoles — un frein majeur pour les personnes peu scolarisées ou non francophones.
Choc logistique annoncé à Tanger Med
La décision provoque un effet domino. Face à la crainte d’être sanctionnés aux postes-frontières de Sebta, nombreux sont les Marocains de l’étranger à changer d’itinéraire pour rentrer au Maroc via le port de Tanger Med, évitant ainsi les zones sous juridiction espagnole. Cette réorientation massive devrait provoquer un engorgement sans précédent à Tanger Med durant l’été, avec des files d’attente rallongées et des services douaniers sous forte pression.
Si l’opération Marhaba est préparée chaque année avec soin, les flux attendus cette saison dépassent les projections habituelles. Le port devra faire face à une affluence exceptionnelle de véhicules et de passagers, exigeant des moyens humains et logistiques renforcés pour garantir fluidité, sécurité et accueil digne des familles MRE.
Une procédure d’échange de permis en ligne est possible pour certains cas, mais elle reste limitée aux détenteurs de permis délivrés avant la résidence officielle. Ceux qui ne remplissent pas cette condition risquent l’amende, même s’ils ne font que transiter vers le Maroc pour les vacances.
Pour la diaspora, cette mesure est ressentie comme brutale et injuste. Nombreux sont ceux qui dénoncent un manque de dialogue entre Rabat et Madrid, et appellent à une reconnaissance temporaire ou partielle des permis marocains pendant les périodes de grande affluence. Ils réclament également un engagement clair des autorités marocaines pour les défendre face à ce qu’ils considèrent comme une forme de stigmatisation.

