Les prix du pétrole et du gaz ont nettement reculé mercredi, dans le sillage de l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre les États-Unis et l’Iran, un apaisement temporaire qui relance l’espoir d’un retour progressif à la normale dans le détroit d’Ormuz, passage stratégique pour l’approvisionnement énergétique mondial.
Sur les marchés, la réaction a été immédiate. Le baril de Brent de la mer du Nord a chuté de plus de 13 % pour s’établir autour de 94 dollars, tandis que le West Texas Intermediate (WTI) américain a plongé de plus de 16 %, à un niveau similaire. Le gaz naturel a suivi la même tendance, le contrat à terme TTF néerlandais, référence en Europe, accusant une baisse proche de 15 %, autour de 45 euros. Cette correction brutale s’explique avant tout par la perspective d’une reprise du trafic maritime dans le détroit d’Ormuz, dont la paralysie récente avait alimenté les tensions sur les prix.
Depuis le début du conflit fin février, ce goulet d’étranglement reliant le Golfe au golfe d’Oman avait vu son activité quasiment s’effondrer, sous l’effet des pressions exercées par Téhéran. En temps normal, près de 20 % du pétrole mondial et une part importante du gaz naturel liquéfié y transitent. Selon plusieurs estimations, le trafic avait chuté jusqu’à 95 %, bloquant entre 10 et 13 millions de barils par jour. L’annonce d’une réouverture, même partielle, suffit donc à détendre les marchés.
Pour autant, la prudence reste de mise. Sur le terrain, la situation demeure fragile. Les premières heures suivant l’accord ont été marquées par de nouvelles tensions régionales, notamment entre l’Iran et certains pays du Golfe, tandis que des frappes ont également été signalées au Liban. Dans ce contexte instable, peu de navires ont réellement repris la mer dans le détroit, signe que les opérateurs restent attentifs aux risques sécuritaires.
Les analystes soulignent que la normalisation du trafic pourrait prendre du temps. Certaines projections évoquent un rythme limité à une dizaine de navires par jour pendant la période de négociation, soit une fraction du volume habituel. À cela s’ajoutent des contraintes logistiques et des dommages sur les infrastructures énergétiques, susceptibles de freiner un retour rapide à la pleine capacité.
Même en cas d’apaisement durable, les prix de l’énergie pourraient ainsi rester élevés dans les prochaines semaines. Le marché intègre déjà l’idée d’un décalage entre l’annonce politique et la réalité opérationnelle. Les incertitudes géopolitiques au Moyen-Orient continuent de peser, rendant toute prévision délicate.
Ce reflux des cours apparaît donc davantage comme un ajustement à court terme qu’un véritable retournement de tendance. Tant que les conditions de sécurité ne seront pas pleinement rétablies dans le détroit d’Ormuz, l’équilibre du marché pétrolier restera suspendu aux évolutions de la situation sur le terrain.


