La Chambre des conseillers a donné son feu vert à la première partie du projet de loi de finances 2026, avant d’approuver l’intégralité du texte quelques heures plus tard lors d’une séance plénière marquée par des positions tranchées et une participation active de toutes les composantes parlementaires. Avec 38 voix favorables pour la première partie et 36 voix pour le vote final, les conseillers ont scellé une nouvelle étape dans l’examen du PLF 2026, un texte qui porte les orientations budgétaires et sociales du Royaume pour l’année à venir.
Le débat en commission avait déjà donné le ton : le gouvernement défend un budget présenté comme maîtrisé et adossé aux Hautes Orientations Royales, notamment celles liées au renforcement de l’État social. Lors des échanges, le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa, a mis en avant le travail conjoint exécutif-législatif pour consolider les finances publiques, rappeler la réduction progressive du déficit et souligner une trajectoire d’endettement jugée soutenable. Le ministre a insisté sur le fait que les institutions financières internationales saluent la robustesse de la gestion budgétaire marocaine, un élément qui confère au pays une capacité accrue à prendre des décisions structurantes.
Les chiffres du débat illustrent l’ampleur des négociations : 227 amendements déposés, dont 224 portant sur la première partie du texte. Au final, 72 propositions ont été retenues, 67 rejetées, et 85 retirées par leurs auteurs, selon le rapport de la commission des finances. L’intensité de cette séquence parlementaire témoigne d’un PLF qui suscite un vif intérêt, notamment sur ses volets sociaux et macroéconomiques.
Dans son intervention, Fouzi Lekjaa a rappelé que le gouvernement mène simultanément deux chantiers structurants : la généralisation des aides sociales directes et la poursuite de la réforme de la protection sociale. La transition progressive des ex-bénéficiaires du RAMED vers le régime de l’AMO s’inscrit dans cette dynamique, avec l’objectif de bâtir un socle social plus inclusif et pérenne.
Du côté des groupes parlementaires, plusieurs interventions ont souligné l’importance des mesures destinées à préserver les équilibres budgétaires tout en maintenant l’effort d’investissement public. Les conseillers ont salué les dispositifs visant à renforcer les ressources de l’État, rationaliser les dépenses et encadrer le recours à l’endettement, dans une logique de stabilité financière et de consolidation de la confiance internationale envers l’économie nationale.
Le volet social a occupé une place centrale dans les discussions. Le projet consacre une enveloppe de 42,4 milliards de dirhams au secteur de la santé, avec la poursuite de la construction et de l’équipement des nouveaux CHU et d’autres établissements de soins. Le texte prévoit également 8.000 postes budgétaires pour le secteur, confirmant son statut de priorité nationale dans le cadre d’un chantier de réforme d’envergure.
Au terme de cette étape, l’intégralité du PLF 2026 a été adoptée par la Chambre des conseillers avec 36 voix favorables, 12 voix opposées et 6 abstentions. Le texte poursuivra désormais son parcours législatif en repassant devant la Chambre des représentants pour une deuxième lecture, ultime phase avant son adoption définitive.
En refermant cette séquence parlementaire, le Parlement confirme un cap : celui d’un budget axé sur la consolidation sociale, la soutenabilité financière et le renforcement de la confiance dans l’action publique. Le débat reste désormais ouvert à la Chambre des représentants, où les arbitrages finaux seront rendus à l’approche de l’année budgétaire 2026.

