Le Projet de loi de Finances 2026 (PLF 2026) confirme la volonté du gouvernement marocain de renforcer la présence de l’État dans les secteurs régaliens et sociaux. Pas moins de 36.895 postes budgétaires seront créés au titre de l’année prochaine, un chiffre en nette hausse par rapport aux exercices précédents. À cette enveloppe s’ajoutent 19.000 postes supplémentaires destinés aux Académies régionales d’éducation et de formation (AREF) pour recruter de nouveaux enseignants.
En tête de ce vaste plan de recrutement figure le ministère de l’Intérieur, qui bénéficiera de 13.000 postes. Suivent le ministère de la Santé et de la Protection sociale avec 8.000 postes, puis l’Administration de la Défense nationale qui en recevra 5.500. Ces trois départements concentrent à eux seuls les deux tiers des créations prévues, soulignant le recentrage de l’action publique sur la sécurité, la santé et la stabilité sociale.
L’effort budgétaire s’étend également au ministère de l’Économie et des Finances (2.600 postes), à la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (2.020 postes), et au ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation (1.759 postes). Le Conseil supérieur du pouvoir judiciaire se voit attribuer 640 postes, tandis que le ministère de la Justice en obtient 300. Ces affectations traduisent une volonté de consolider le fonctionnement des institutions stratégiques et d’assurer la continuité des services publics.
D’autres ministères recevront également de nouveaux moyens humains : les Habous et affaires islamiques (400 postes), l’Éducation nationale (400), l’Agriculture et les eaux et forêts (200), la Cour royale (200), l’Équipement et l’eau (200), ainsi que la Jeunesse, la Culture et la Communication (175). Le ministère des Affaires étrangères disposera de 155 postes, un renfort bienvenu dans un contexte diplomatique marqué par le retour de Rabat sur plusieurs fronts internationaux.
Le Chef du gouvernement bénéficiera de 70 postes, dont 200 postes sont réservés à des profils spécifiques dans le cadre de l’inclusion des personnes en situation de handicap, confirmant une orientation vers une fonction publique plus inclusive et représentative. Par ailleurs, 600 postes seront mobilisés pour régulariser la situation des enseignants titulaires d’un doctorat, une mesure attendue dans le milieu académique.
Ce plan de recrutement s’inscrit dans une dynamique plus large de réforme de l’administration publique et de valorisation du capital humain. Selon les orientations dévoilées à l’issue du dernier Conseil des ministres, l’année 2026 sera marquée par une intensification de l’investissement social, avec 140 milliards de dirhams alloués aux secteurs de la santé et de l’éducation nationale, en plus des 27.000 postes budgétaires qui leur seront spécifiquement dédiés. Cette orientation s’inscrit dans la continuité de la politique de renforcement du modèle social marocain, fondé sur l’emploi public, la protection sociale universelle et l’égalité des chances.
Au-delà des chiffres, le PLF 2026 traduit la vision d’un État employeur engagé, cherchant à répondre à la montée des besoins sociaux tout en accompagnant la transition économique. En misant sur l’humain, l’administration publique se positionne comme un acteur central de la relance nationale, garantissant non seulement la stabilité des services essentiels, mais aussi la confiance des citoyens envers leurs institutions.

