À Larache, l’activité maritime reprend des couleurs, mais sans excès d’optimisme. Lundi soir, une partie des barques de pêche côtière du port de Larache a pu reprendre la mer, profitant d’une amélioration sensible des conditions sur la façade atlantique, après une longue période de perturbations météorologiques.
Sur les quais, le soulagement est palpable. Depuis le début du mois de novembre, la succession de dépressions atmosphériques, de vents violents et d’une houle persistante a fortement perturbé la régularité des sorties en mer, imposant aux marins des arrêts répétés, parfois prolongés. Cette accalmie, même temporaire, a donc été accueillie comme une bouffée d’air pour une profession éprouvée.
Dans l’après-midi, l’activité a progressivement repris au port. Les marins se sont attelés à la remise en ordre des équipements : installation des filets, préparation des caisses, approvisionnement en glace et vérification minutieuse de l’état mécanique des embarcations. Autant d’étapes indispensables avant de reprendre la mer, après plusieurs semaines d’immobilisation forcée.
Selon les représentants professionnels, un premier groupe de chalutiers a quitté le port lundi, suivi d’un second contingent attendu ce mardi. Cette reprise reste toutefois mesurée. Les prévisions météorologiques annoncent une fenêtre d’exploitation courte, limitée à un ou deux jours, avant un possible nouveau coup d’arrêt lié au retour du mauvais temps.
Les professionnels tablent néanmoins sur une reprise plus régulière vers la fin de la semaine, si les conditions continuent de s’améliorer. Une perspective qui pourrait également concerner la pêche artisanale, bien que celle-ci demeure, elle aussi, étroitement dépendante de l’évolution de l’état de la mer.
Cette saison est qualifiée d’exceptionnelle par les acteurs du secteur. Au cours des deux derniers mois, les marins n’auraient pu naviguer qu’une dizaine de jours, de manière discontinue. Une situation qui a lourdement pesé sur l’économie locale et sur les revenus des familles dépendantes de la pêche maritime.
Face à ces conditions extrêmes, les professionnels saluent la vigilance des autorités locales et les mesures préventives mises en œuvre pour préserver les vies humaines et les biens. Des décisions qui ont notamment conduit à la suspension temporaire des activités dans les zones les plus exposées, y compris au port de Larache et dans la ville de Ksar El Kébir.
Ces derniers jours, le port a en effet été confronté à une météo particulièrement sévère, marquée par de fortes pluies, des vents soutenus et une houle ayant dépassé les huit mètres sur l’Atlantique. Pour limiter les risques, les armateurs ont procédé à l’amarrage renforcé des embarcations, à l’aide de grosses amarres, au centre du bassin portuaire, loin des quais, afin d’éviter tout choc ou dérive sous l’effet de la houle.
Si la situation est jugée stable à ce stade et aucun incident majeur n’a été signalé, la prudence reste de mise. À Larache, la reprise de la pêche s’écrit désormais au conditionnel, suspendue aux caprices d’une météo qui, cet hiver, n’aura laissé que peu de répit aux gens de mer.

