Après des semaines de hausse ininterrompue, les consommateurs marocains ont enfin pu souffler ce samedi matin : le prix du poulet a connu un léger repli, s’affichant entre 14 et 15 dirhams le kilo. Un soulagement provisoire, tempèrent les professionnels, qui y voient davantage une parenthèse climatique qu’une véritable inversion de tendance.
Une accalmie dictée par la météo
Si les tarifs se sont momentanément repliés, c’est en grande partie à cause de la vague de chaleur qui a frappé le pays ces derniers jours. Selon plusieurs acteurs du secteur, les températures élevées ont modifié les habitudes d’achat, entraînant une baisse de la demande et, par ricochet, un réajustement des prix sur les marchés.
Mais derrière cette baisse se cache une réalité plus dure : les coûts de production restent en forte hausse. Les éleveurs continuent de faire face à des prix record pour les aliments composés et les poussins, des charges qui pèsent lourdement sur l’ensemble de la filière.
Les professionnels restent prudents. Sans mesures de soutien claires, ils craignent une nouvelle envolée des prix dès que les températures reviendront à la normale. L’absence de mécanismes de régulation ou d’aide directe aux producteurs accentue la pression sur un secteur déjà fragilisé, tiraillé entre les exigences de rentabilité et la nécessité de préserver le pouvoir d’achat.
Ce micro-ralentissement ne suffit pas à masquer les tensions structurelles du marché avicole au Maroc. Fortement dépendant des conditions climatiques, des coûts d’importation et de la logistique, le secteur évolue sur une ligne de crête. De plus en plus de voix s’élèvent pour appeler à une intervention rapide de l’État afin de garantir un minimum de stabilité et éviter que le poulet ne devienne un luxe sur la table des ménages.

