Le gouvernement marocain a décidé de mobiliser des crédits budgétaires supplémentaires afin de préserver le pouvoir d’achat des ménages face aux tensions internationales et à la hausse persistante des coûts énergétiques. Réuni jeudi à Rabat, le Conseil de gouvernement a adopté le projet de décret n° 2.26.395 portant ouverture de crédits additionnels au budget général de l’État, présenté par le ministre délégué chargé du Budget, Fouzi Lekjaa.
Cette rallonge budgétaire intervient dans un contexte marqué par les répercussions économiques de la guerre au Moyen-Orient, l’augmentation des prix mondiaux du gaz naturel, du charbon et du fioul, ainsi que les dégâts provoqués par les récentes inondations dans les régions du Gharb et du Loukkos.
Selon les informations communiquées lors du Conseil de gouvernement, ces crédits supplémentaires permettront d’abord de maintenir les mécanismes de soutien aux produits et services essentiels. L’Exécutif entend ainsi éviter une hausse des prix du gaz butane, préserver les tarifs de l’électricité et limiter l’impact sur les coûts du transport des personnes et des marchandises. L’objectif affiché reste la protection du pouvoir d’achat des citoyens dans un environnement international particulièrement volatil.
Le texte adopté s’inscrit dans le cadre de l’article 60 de la loi organique relative à la loi de finances, qui autorise le gouvernement à ouvrir des crédits supplémentaires en cours d’exercice lorsque des circonstances exceptionnelles l’exigent. Cette procédure avait déjà été utilisée ces dernières années pour absorber les effets de la flambée des prix de l’énergie et des matières premières.
D’après des informations relayées par la presse économique marocaine, le montant global de cette ouverture de crédits atteindrait près de 20 milliards de dirhams. Ces ressources serviront également à financer les mesures d’urgence décidées conformément aux Hautes Instructions Royales après les inondations ayant touché certaines zones du nord du Royaume.
Une partie des fonds sera aussi consacrée au renforcement du capital de certains établissements et entreprises publics confrontés à une conjoncture internationale plus tendue. Le gouvernement souhaite ainsi préserver la continuité des investissements stratégiques tout en soutenant les secteurs les plus exposés aux fluctuations des marchés énergétiques et aux perturbations géopolitiques.
Malgré cette augmentation des dépenses publiques, l’Exécutif affirme vouloir maintenir son objectif de déficit budgétaire autour de 3 %. Pour préserver cet équilibre, il compte notamment sur la progression des recettes fiscales enregistrée depuis le début de l’année. Selon des données citées par des sources proches du dossier, les recettes fiscales à fin avril 2026 afficheraient une hausse de 13 % par rapport aux prévisions initiales, offrant une marge de manœuvre supplémentaire sans remettre en cause les grands équilibres macroéconomiques.
À travers cette décision, le gouvernement cherche à renforcer sa capacité de réaction face aux chocs extérieurs tout en maintenant les dispositifs de soutien économique et social déjà engagés. Entre tensions géopolitiques, inflation énergétique et risques climatiques, l’État tente de contenir les effets de la crise sur les ménages et l’économie nationale sans alourdir davantage les finances publiques.


