Les spéculations autour d’un éventuel retour de Moulay Hafid Elalamy sur la scène partisane viennent d’être clairement dissipées.
L’ancien ministre de l’Industrie et figure emblématique du Rassemblement national des indépendants n’envisage ni de briguer la présidence du parti, ni de renouer avec une activité politique, selon une source proche du dossier.
Ces derniers jours, son nom avait circulé avec insistance pour succéder à Aziz Akhannouch à la tête du RNI, après l’annonce du retrait de ce dernier de la course à un troisième mandat. Une hypothèse désormais écartée. Moulay Hafid Elalamy ne s’est pas porté candidat et ne nourrit aucune intention de reprendre un rôle politique, affirme la même source, mettant fin aux rumeurs relayées dans plusieurs cercles médiatiques.
L’ancien ministre serait aujourd’hui pleinement concentré sur ses engagements professionnels, en particulier ses responsabilités au sein du groupe Saham Bank. Ces priorités, jugées incompatibles avec les exigences d’un retour au premier plan partisan, expliquent son éloignement assumé de la vie politique et de l’action de terrain.
Dans ce contexte, Moulay Hafid Elalamy se contenterait d’adresser ses vœux de réussite au RNI et à sa future direction, tant sur le plan politique qu’à l’approche des prochaines échéances électorales et nationales, précise encore la source.
Ce démenti ferme intervient alors que la décision d’Aziz Akhannouch de ne plus briguer la présidence du RNI a ouvert une période d’incertitude au sein du parti. Pour de nombreux observateurs, ce retrait a été interprété comme un signal fort, voire comme une prise de distance progressive avec la perspective de diriger le gouvernement lors du scrutin de 2026.
Dans ce climat, plusieurs profils ont été évoqués pour assurer une éventuelle transition. Aux côtés de Moulay Hafid Elalamy, les noms de Chakib Benmoussa, Mohamed Oujjar ou encore Rachid Talbi Alami ont circulé, illustrant la diversité des scénarios envisagés au sein et autour du parti.
Le refus d’Elalamy de revenir sur le devant de la scène politique place désormais le RNI face à un défi stratégique majeur. Il s’agit de désigner une nouvelle direction capable de maintenir la cohésion interne, tout en préparant le parti à des échéances électorales déterminantes, dans un environnement politique en mutation rapide.
Ce moment charnière intervient alors que le RNI, souvent présenté comme un acteur central de l’Entente nationale, était perçu comme en mesure de conserver une position dominante, voire de reconduire son leadership gouvernemental. L’absence de figures consensuelles renforce la complexité de la transition en cours.
De son côté, le retrait annoncé d’Aziz Akhannouch est analysé par certaines sources comme un repositionnement stratégique plus qu’un véritable effacement. Convaincu que sa présence cristallisait le débat politique autour de sa personne, le chef du gouvernement aurait choisi de se mettre en retrait pour éviter une personnalisation excessive des enjeux électoraux.
Pour autant, Aziz Akhannouch demeure un acteur influent, tant par son poids économique que par son réseau et son expérience à la tête de portefeuilles ministériels stratégiques. Son retrait de la présidence du parti ne signifie donc pas une sortie des cercles de décision, mais une redéfinition de son rôle.
Pour de nombreux analystes, cette séquence s’inscrit dans une logique bien connue de la vie politique marocaine, marquée par des transitions progressives plutôt que par des ruptures brutales. Le RNI est ainsi appelé à se renouveler sans rompre avec l’architecture qui a structuré sa montée en puissance.
Les noms de Rachid Talbi Alami, Mohamed Oujjar ou encore Nadia Fettah Alaoui continuent de circuler pour assurer la relève. Mais au-delà des profils, c’est la capacité du parti à fonctionner indépendamment de figures tutélaires qui est aujourd’hui mise à l’épreuve.
À l’approche des prochaines élections, et dans un contexte de recomposition marqué par des mouvements de notables et de repositionnements individuels, la succession d’Aziz Akhannouch s’apparente à un véritable test de maturité politique pour le RNI, appelé à démontrer sa solidité organisationnelle et son autonomie stratégique.

