L’Association nationale des médias et des éditeurs (ANME) relance le débat sur la gouvernance du secteur et réclame plus de transparence autour des aides publiques accordées à la presse.
Dans un communiqué rédigé en arabe, l’Association nationale des médias et des éditeurs a annoncé la tenue d’une réunion élargie de ses instances dirigeantes et de ses membres, organisée le mercredi 28 janvier 2026 dans un hôtel à Casablanca. Cette rencontre a été consacrée à l’analyse de l’actualité récente du secteur des médias, ainsi qu’aux dossiers professionnels et organisationnels en cours.
Les discussions ont notamment porté sur le projet de loi relatif au Conseil national de la presse, à la lumière de la décision rendue récemment par la Cour constitutionnelle. Les participants ont également examiné les enjeux liés au financement de la presse, à la viabilité économique des entreprises médiatiques et aux limites du modèle actuel.
À cette occasion, le président de l’ANME est revenu sur le parcours de l’association depuis sa création, mettant en avant son rôle d’accompagnement du secteur, en particulier durant les périodes de crise, comme celle de la pandémie de la Covid-19. Il a présenté une vision axée sur la modernisation des entreprises de presse et le renforcement de leur autonomie financière, à travers une réforme globale du paysage médiatique. Cette approche inclut la qualification des ressources humaines, l’amélioration de la gouvernance, la redéfinition des missions du Conseil national de la presse, ainsi que la prise en compte des défis posés par la publicité et les plateformes numériques.
La réunion a aussi permis d’évaluer les conséquences de la décision de la Cour constitutionnelle, qui a jugé non conformes à la Constitution plusieurs dispositions de la loi portant réorganisation du Conseil national de la presse. Les membres ont insisté sur la nécessité de garantir la continuité des missions du Conseil, notamment en ce qui concerne l’encadrement professionnel et les fonctions réglementaires.
En conclusion, les participants ont salué l’action de la direction de l’Association. Ils ont, par ailleurs, appelé la Cour des comptes à mener un audit du système de soutien public à la presse sur les vingt dernières années, à la suite de déclarations jugées déplacées d’un responsable politique au Parlement. L’ANME demande que les résultats de cet audit soient rendus publics, avec la publication des bénéficiaires des aides.
L’Association a enfin réaffirmé son engagement en faveur de la défense de l’entreprise de presse et du développement de la profession, tout en revendiquant une position indépendante, à égale distance de l’ensemble des courants politiques, dans une logique institutionnelle et responsable.

