Les prix alimentaires mondiaux ont poursuivi leur repli en décembre 2025, malgré une nette remontée des céréales, selon les dernières données de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO). L’indice FAO des prix des produits alimentaires s’est établi à 124,3 points, en baisse de 0,6 % par rapport à novembre et de 2,3 % sur un an, confirmant un ralentissement progressif de l’inflation alimentaire mondiale après les chocs des années précédentes.
Cette évolution masque toutefois des dynamiques contrastées selon les produits. Les céréales ont enregistré une hausse mensuelle de 1,7 %, tirée par les tensions persistantes autour des exportations de la mer Noire, la forte demande internationale de maïs et la remontée généralisée des prix du riz. Le blé a été soutenu par les incertitudes géopolitiques, tandis que le maïs a profité d’une demande soutenue pour l’exportation et pour la production d’éthanol, notamment au Brésil et aux États-Unis. Le riz, de son côté, a progressé dans tous ses segments, porté par une demande plus ferme et par des politiques de soutien dans plusieurs pays producteurs.
Sur l’ensemble de l’année 2025, le marché des céréales reste pourtant orienté à la baisse. L’indice annuel a reculé de près de 5 % par rapport à 2024, atteignant son niveau moyen le plus faible depuis 2020. L’abondance des récoltes, notamment en Argentine et en Australie, ainsi que la concurrence accrue entre exportateurs, ont pesé sur les cours, en particulier pour le riz, dont la valeur moyenne annuelle a chuté de plus de 30 %.
À l’inverse, les huiles végétales ont conservé une trajectoire haussière sur l’année, malgré un léger recul en décembre. L’indice mensuel est tombé à son niveau le plus bas depuis six mois, sous l’effet de la baisse des prix de l’huile de soja, de colza et de tournesol, en raison de disponibilités exportables abondantes en Amérique et de récoltes élevées en Australie et au Canada. La hausse de l’huile de palme, alimentée par les perspectives de ralentissement saisonnier de la production en Asie du Sud-Est, n’a pas suffi à inverser la tendance. Sur l’ensemble de 2025, les huiles végétales affichent néanmoins une hausse annuelle de plus de 17 %, leur niveau le plus élevé depuis trois ans, dans un contexte de resserrement de l’offre mondiale.
Le marché de la viande a également reculé en décembre, avec une baisse de 1,3 % de l’indice FAO, tout en restant supérieur à son niveau de fin 2024. Le repli a touché l’ensemble des catégories, notamment la viande bovine et la volaille. En Australie, la sécheresse saisonnière a favorisé un déstockage des troupeaux, augmentant l’offre et pesant sur les prix. La volaille a souffert d’une offre exportable excédentaire face à une demande mondiale modérée, tandis que la viande porcine a été pénalisée par la faiblesse des achats en Europe et à l’international. Malgré ce repli mensuel, les prix de la viande ont progressé de plus de 5 % sur l’année, sous l’effet d’une demande mondiale robuste et de perturbations liées aux maladies animales et aux tensions géopolitiques.
Les produits laitiers ont, eux aussi, contribué à la baisse globale de l’indice en décembre, avec un recul de 4,4 %. La chute des prix du beurre a été particulièrement marquée en Europe, où l’augmentation saisonnière de la production de crème et l’accumulation de stocks ont pesé sur les marchés. Les poudres de lait entier ont également reculé, dans un contexte de production élevée en Océanie et de demande prudente des importateurs. Sur l’année 2025, les produits laitiers restent toutefois en hausse de plus de 13 %, portés par la forte demande internationale pour le fromage, le beurre et le lait en poudre au cours du premier semestre.
Seule véritable exception à cette détente générale, le sucre a enregistré un rebond en décembre, avec une hausse de 2,4 %, après trois mois de baisse. La production en recul dans le sud du Brésil, due à un moindre broyage de la canne et à son orientation vers l’éthanol, a soutenu les prix. Cette remontée reste toutefois contenue par les perspectives d’une offre mondiale abondante, notamment en Inde. Sur l’ensemble de 2025, le sucre affiche une chute annuelle de 17 %, atteignant son plus bas niveau moyen depuis 2020.
Si l’année 2025 s’est soldée par une moyenne annuelle de l’indice FAO supérieure à celle de 2024, la fin d’année marque une inflexion plus favorable pour les marchés alimentaires mondiaux. La baisse progressive des prix, hors segments spécifiques comme les huiles végétales ou certaines céréales, pourrait offrir un répit aux pays importateurs et aux ménages, dans un contexte encore marqué par les aléas climatiques, les tensions géopolitiques et la volatilité des échanges agricoles.


