Le procès de Saïd Naciri, ancien président du Wydad de Casablanca, a connu ce matin une vive montée de tension entre la défense, le parquet et la cour. En cause, des questions sur l’affaire de la villa située dans le quartier de Californie.
Les avocats de la défense ont manifesté leur mécontentement face à la répétition de certaines questions déjà posées à leur client, portant sur la date d’acquisition de la villa, son accès et les travaux qui y ont été entrepris. Le ton est monté lorsque le représentant du parquet s’est adressé à un avocat en disant : « Écoute, A Si », ce qui a provoqué une réaction immédiate : « Veuillez respecter les usages et m’appeler Maître. »
Pour calmer les esprits, le juge Ali Torchi, président de la séance, a rappelé que l’accusé avait répondu aux questions et ne montrait aucun refus de collaboration. Il a alors lancé à la défense : « Pourquoi redoutez-vous tant l’émergence de la vérité ? »
Devant cette tension palpable, le tribunal a décidé de suspendre brièvement l’audience. À la reprise, la défense a minimisé l’incident, parlant d’un malentendu sans conséquence, tandis que le parquet a assuré qu’aucune intention d’offenser la défense n’animait ses propos, précisant que les échanges se faisaient dans le cadre du tribunal et selon les règles.
Au fil des questions, Saïd Naciri a confirmé avoir acquis la villa en juillet 2017 auprès de Belkacem El Mir, en présence de plusieurs personnes au siège du club. Une déclaration qui a poussé la cour à demander si ces témoins pourraient être appelés à l’avenir.
Interrogé sur les démarches administratives, l’accusé a indiqué avoir reçu une autorisation pour raccorder le bien aux services d’eau et d’électricité. Une réponse mise en doute par le parquet, qui a relevé une incohérence dans les dates : selon les documents, le notaire ne serait intervenu qu’à partir de 2019.
Pour sa défense, Naciri a expliqué que l’achat avait été envisagé dès 2017, qu’il avait financé les travaux, mais que la signature définitive n’était intervenue qu’une fois l’intégralité du montant réglée. Il a précisé que c’est le notaire lui-même qui avait constitué la société chargée de l’acquisition.

