La production d’énergie électrique au Maroc a progressé de 5% en 2025, marquant une accélération par rapport à la hausse de 3% enregistrée un an auparavant. Cette évolution, relevée par la Direction des études et des prévisions financières (DEPF), traduit un dynamisme accru du secteur électrique national dans un contexte de demande soutenue.
Selon la dernière note de conjoncture de la DEPF, cette augmentation repose d’abord sur la consolidation de la production privée d’électricité, qui affiche une croissance de 7%. L’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) a également contribué à cette progression, avec une hausse de 4,2% de sa production. À cela s’ajoute l’apport des tiers nationaux, en nette expansion (+50,9%), même si leur poids reste plus limité dans la structure globale du mix électrique.
La demande suit la même tendance. L’énergie nette appelée, indicateur clé de la consommation électrique, est passée d’une croissance de 3,9% à fin 2024 à 7,3% à fin 2025. Cette accélération reflète à la fois la reprise de certains secteurs économiques, l’augmentation des besoins industriels et la consommation des ménages, dans un contexte marqué par des projets d’infrastructures et une activité soutenue dans plusieurs filières productives.
Cette pression sur la demande a eu un impact direct sur les échanges extérieurs. Les importations d’énergie électrique ont bondi de 34,8% en 2025, après avoir déjà progressé de 25,3% l’année précédente. En parallèle, les exportations ont reculé de 44,2%, prolongeant une tendance baissière amorcée en 2024 (-22,9%). Ces évolutions traduisent un recours accru à l’approvisionnement extérieur pour sécuriser l’équilibre du système électrique national.
La configuration actuelle met en lumière le rôle croissant des opérateurs privés dans la production d’électricité au Maroc, aux côtés de l’ONEE, acteur central du dispositif. Elle souligne également les enjeux liés à la planification énergétique, à l’intégration des capacités renouvelables et à la gestion des interconnexions régionales.
À l’heure où le Royaume poursuit sa stratégie de transition énergétique et d’augmentation de la part des énergies renouvelables dans le mix électrique, ces chiffres confirment que la demande intérieure progresse à un rythme soutenu. Le défi consiste désormais à renforcer l’offre nationale, optimiser les capacités installées et limiter la dépendance aux importations, tout en garantissant la stabilité du réseau.
L’année 2025 se clôt ainsi sur un signal contrasté mais structurant pour le secteur de l’électricité au Maroc : une production en hausse, une consommation dynamique et des échanges extérieurs sous tension. Un équilibre délicat qui place la politique énergétique au cœur des priorités économiques.

