L’Observatoire national du développement humain (ONDH) a dévoilé les résultats d’une enquête inédite sur le Programme d’aide sociale directe (PASD), lancé en décembre 2023. Réalisée au premier semestre 2024 auprès de 4 462 familles bénéficiaires, cette étude met en lumière une satisfaction globale très élevée, à hauteur de 87,46%. Ce bilan positif souligne non seulement l’impact concret du dispositif sur l’amélioration des conditions de vie des ménages vulnérables, mais ouvre également la voie à des pistes d’amélioration, notamment sur l’accessibilité et les procédures d’inscription.
Un taux de satisfaction qui dépasse les attentes
L’enquête menée par l’ONDH ne se contente pas d’un simple retour d’expérience. Elle traduit une nouvelle approche où la perception des citoyens devient un levier majeur pour mesurer la réussite des politiques sociales. Avec 87,46% de satisfaction, le PASD se rapproche des standards des programmes les plus reconnus à l’échelle mondiale. Par exemple, le dispositif marocain s’approche du taux de satisfaction de 95% enregistré par le programme brésilien Bolsa Família, référence internationale en la matière.
Ce taux élevé s’accompagne d’une forte confiance accordée à la transparence du processus d’admission. Près de 95% des chefs de ménage jugent la gestion des demandes claire et honnête, un facteur crucial qui explique l’adhésion massive des bénéficiaires. Plus de 90% des répondants considèrent également les critères d’éligibilité justes et appliqués équitablement.
Des bénéfices tangibles pour les familles
Les effets positifs du PASD vont au-delà des chiffres de satisfaction. Selon les témoignages recueillis, 89,2% des ménages rapportent une amélioration sensible de leur niveau de vie, avec 31% évoquant une transformation significative. La sécurité alimentaire est renforcée pour 92% des bénéficiaires, un élément essentiel dans un contexte d’inflation persistante.
Par ailleurs, 82% des familles soulignent un soutien concret à la scolarisation de leurs enfants, confirmant la vocation du programme à protéger les enfants tout en renforçant leur avenir. Ces indicateurs traduisent l’impact réel du transfert monétaire, qui se traduit par un mieux-être quotidien.
Les freins de l’accessibilité et les défis numériques
Si la satisfaction est largement majoritaire, l’enquête met en lumière une difficulté récurrente : la complexité des démarches d’inscription. Seulement 5% des bénéficiaires jugent le processus simple, et près de 67% le qualifient de moyennement complexe. Cette situation pousse la majorité à recourir à une aide extérieure pour s’inscrire via la plateforme numérique.
Face à ce constat, l’ONDH recommande le déploiement d’un dispositif d’accompagnement local, avec des relais territoriaux dédiés, afin d’aider les familles éloignées des outils digitaux à bénéficier pleinement du programme. Ce volet s’inscrit dans une stratégie plus large de proximité sociale, visant à réduire les inégalités d’accès.
Une méthodologie rigoureuse pour une évaluation fiable
La crédibilité de cette enquête repose sur une démarche scientifique rigoureuse. L’échantillon a été soigneusement sélectionné parmi les bénéficiaires, en excluant les non-bénéficiaires pour se concentrer sur leur expérience réelle. Plus de 70 questions ont permis de vérifier la cohérence des réponses, avec un double processus de validation quantitative et qualitative, incluant des groupes de discussion dans plusieurs provinces.
Cette méthode assure une analyse fine et nuancée des perceptions, donnant un poids solide aux conclusions et recommandations.
Recommandations pour pérenniser et optimiser le PASD
Au terme de cette enquête, plusieurs pistes d’amélioration ont été dégagées. Parmi les priorités figure la mise en place d’une assistance sociale locale pour faciliter l’accès aux inscriptions numériques, ainsi que le renforcement du rôle des associations citoyennes dans l’innovation des services.
L’autonomisation économique est également au cœur des recommandations. Il est proposé de lancer des programmes de développement des compétences pour favoriser l’intégration durable des bénéficiaires dans la vie économique.
Le PASD devra aussi mieux s’intégrer aux autres dispositifs sociaux nationaux, tels que l’AMO-Tadamon, pour assurer une couverture complète et éviter les doublons. La mise à jour régulière des critères d’éligibilité, adaptée aux évolutions socio-économiques, est jugée indispensable pour préserver la crédibilité du programme.
Enfin, un système national de suivi et d’évaluation ainsi qu’une plus grande implication des citoyens dans la gouvernance territoriale sont recommandés pour renforcer la transparence et l’appropriation sociale.
Un outil innovant : l’Indice national de satisfaction sociale
L’ONDH a créé un indicateur original, l’Indice national de satisfaction sociale (INSS), qui mesure le ressenti des bénéficiaires sur cinq dimensions clés : accessibilité, impact, opportunité, pertinence et transparence. Le PASD obtient un score global de 71 sur 100, avec des marges d’amélioration principalement sur l’accessibilité et la consolidation de l’impact perçu.
Ce nouvel outil traduit une volonté forte d’inscrire l’évaluation dans une logique d’amélioration continue, en s’inspirant des meilleures pratiques internationales.
Le Programme d’aide sociale directe rencontre un accueil très favorable auprès de ses bénéficiaires, avec des résultats concrets sur leur quotidien. Cette première enquête ouvre la voie à une gestion plus efficace et inclusive, garante d’une protection sociale renouvelée au service des populations les plus vulnérables.

