Après plusieurs années d’attente et de procédures administratives complexes, le projet solaire Noor Taroudant s’apprête enfin à entrer en phase de construction. Portée par le développeur émirati AMEA Power et pilotée par l’Agence marocaine pour l’énergie durable (MASEN), cette centrale photovoltaïque de 36 mégawatts-crête mobilisera un investissement supérieur à 200 millions de dirhams. Le chantier, dont le démarrage est désormais imminent, devrait générer des dizaines d’emplois locaux et renforcer l’offre nationale en électricité renouvelable.
Prévu initialement pour 2024, le lancement effectif des travaux a été retardé par une série de contraintes foncières et réglementaires. Les dernières autorisations environnementales sont en cours de finalisation, ouvrant la voie au premier coup de pioche. Pour les acteurs du secteur, cette étape marque surtout la concrétisation d’un projet stratégique longtemps freiné par la libération des terrains nécessaires à son implantation.
Intégré dès 2018 au programme Noor PV II, le site de Taroudant a nécessité la mobilisation d’une assiette foncière d’environ 400 hectares. L’acquisition, menée dans le cadre d’expropriations pour cause d’utilité publique, a demandé plusieurs mois de négociations et de procédures juridiques. Ce passage obligé explique le décalage du calendrier initial, mais il garantit aujourd’hui la disponibilité d’un espace adapté à une infrastructure énergétique de grande envergure.
La future centrale sera réalisée en une seule phase. Avec une capacité de 36 MWc, elle viendra injecter une nouvelle production d’énergie solaire dans le réseau national, participant à la réduction de la dépendance aux énergies fossiles. Au-delà des retombées environnementales, le chantier devrait dynamiser l’économie locale grâce à la création d’emplois directs et à la sollicitation d’entreprises régionales pour les travaux et les services associés.
AMEA Power, filiale du groupe émirati Nowais, connaît déjà le terrain marocain. L’entreprise a été retenue par MASEN pour développer et exploiter d’autres projets photovoltaïques, notamment à El Hajeb, dans la région de Fès-Meknès. Sa présence à Taroudant confirme l’intérêt croissant des investisseurs étrangers pour le marché marocain des énergies renouvelables, devenu l’un des plus dynamiques du continent.
Le projet s’inscrit dans un dispositif plus large. Le programme Noor PV II comprend neuf centrales réparties à travers le Royaume, notamment à Boujdour, Aïn Beni Mathar, Sidi Bennour, Béjaâd, Guercif et Kalaat Sraghna. À travers ces installations, le Maroc poursuit sa stratégie de diversification énergétique et consolide son positionnement régional dans le solaire, un secteur considéré comme un pilier de la transition énergétique nationale.
Avec le démarrage imminent du chantier de Noor Taroudant, le programme franchit ainsi une nouvelle étape concrète, traduisant sur le terrain des engagements pris depuis plusieurs années en faveur d’une production électrique plus propre et plus durable.


