Le milliardaire nigérian Aliko Dangote apparaît aujourd’hui comme l’une des figures majeures d’une réponse africaine à la crise énergétique mondiale, dans un contexte international marqué à la fois par la volatilité des marchés et par des conflits qui fragilisent durablement les équilibres du continent.
Après avoir construit sa fortune dans le ciment et l’agroalimentaire, il a progressivement orienté son groupe vers l’industrie lourde, avec une ambition assumée : prouver que l’Afrique peut assurer elle-même la transformation de ses ressources. Cette stratégie s’est matérialisée par des investissements massifs dans des infrastructures structurantes, notamment la Dangote Refinery, conçue pour traiter jusqu’à environ 650 000 barils de pétrole par jour, avec un objectif d’extension à près de 1,4 million de barils à terme.
Ce complexe industriel, l’un des plus importants au monde, marque une rupture pour le Nigeria, longtemps contraint d’exporter son brut tout en important du carburant raffiné. Il permet désormais de couvrir largement la demande intérieure et de générer des excédents destinés à l’exportation, positionnant le pays comme un futur hub énergétique régional.
Selon l’industriel, l’installation fonctionne désormais à pleine capacité, avec une production estimée à 650 000 barils par jour. Cette montée en régime permet au groupe de desservir un nombre croissant de marchés africains, bien au-delà de la seule sous-région ouest-africaine, dans un contexte marqué par la recherche de solutions alternatives face aux déséquilibres énergétiques mondiaux.
Dans le même temps, le groupe Dangote a engagé un plan d’investissement estimé à près de 40 milliards de dollars sur cinq ans. Cette stratégie vise à accroître les capacités de raffinage, mais aussi à développer fortement la production d’engrais, avec un objectif de 12 millions de tonnes d’urée d’ici 2030, contre environ 3 millions actuellement. Cette montée en puissance pourrait faire du groupe l’un des leaders sur le continent.

