Draganov
Un refrain qui s’impose comme une obsession, une mélodie qu’on répète sans jamais s’en lasser. Depuis quelques jours, « TACH », la dernière sortie de Draganov, s’est installée dans les casques et sur les écrans. En moins d’une semaine, le clip a dépassé les quatre millions de vues et figure déjà parmi les tendances, non seulement au Maroc, mais aussi en Algérie et en Tunisie. Le succès est là, indéniable, mais avec lui, une controverse inattendue a éclaté.
Au cœur de la tempête, une danse. Dans le clip, l’artiste algérien Mohamed Khassani, comédien reconnu et musicien, exécute une chorégraphie devenue culte en Algérie, celle popularisée par le chanteur Hamid Bila Hodoud. Khassani n’en est pas à son premier pas, il avait déjà dansé ce style aux côtés de Bila Hodoud lui-même, en hommage à une gestuelle profondément ancrée dans l’imaginaire populaire algérien. Rien de nouveau, en somme, si ce n’est la résonance qu’a pris cette apparition sur un clip marocain à succès.
https://youtu.be/g0NvSlTumQs
En partageant les photos du clip avec ses 1,5 million d’abonnés sur Instagram, Khassani a écrit « الفن رسالة نبيلة » (« L’art est un message noble »), accompagné des drapeaux algérien et marocain, affichant ainsi son intention de promouvoir la fraternité culturelle. Mais certains internautes algériens n’ont pas vu la scène de la même façon. Le fait que Khassani exécute une chorégraphie longtemps appréciée, cette fois dans un clip marocain avec Draganov assis en arrière-plan, a été perçu comme une humiliation. Les critiques ont fusé, allant jusqu’à le traiter de « chettah dial Marouk » ou de « danseur des Marocains », dénonçant ce qu’ils considèrent comme un éloignement de la tradition et du style algérien, « à mille lieues de l’image de l’homme viril ».
Pourtant, Khassani pratique cette danse depuis des années et l’a même interprétée en duo avec l’artiste original, sans intention de nuire. La controverse révèle davantage les sensibilités autour du contexte et du territoire culturel que la performance elle-même.
@dispoo_7777 داراغا يخرج عن صمته?⚠️ (حنا توام ????)#draga #draganov #tach #maroc #alger ♬ Tach – Draganov
Draganov, de son côté, a brisé le silence pour défendre Khassani. Dans une story Instagram, il a rappelé son admiration pour le comédien et expliqué sa démarche. Né à Oujda, ville frontalière de l’Algérie, le rappeur revendique une passion de longue date pour le style musical du raï. C’est ce qui l’a poussé, dit-il, à inscrire dans « TACH » des sonorités raï et à inviter Khassani, convaincu que la culture ne connaît pas de barrières. « Le raï fait partie de mon ADN », affirme-t-il, insistant sur la richesse partagée entre les deux rives.
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Ce qui devait être un hommage s’est donc transformé en malentendu. Mais peut-être est-ce la preuve que la musique et la danse, loin d’être de simples divertissements, restent des terrains sensibles, capables de réveiller autant les passions que les solidarités. En définitive, « TACH » ne se résume pas à un succès viral mais s’impose comme un récit en mouvement, où l’art tente de dire ce que les frontières taisent.



