La ville de Rabat s’apprête à vivre un moment charnière de son histoire culturelle. À partir du 24 avril 2026, la capitale lancera officiellement son programme en tant que Capitale mondiale du livre, un titre attribué par l’UNESCO, avant d’enchaîner avec la 31ᵉ édition du Salon international de l’Édition et du Livre (SIEL), prévue du 1er au 10 mai. L’ensemble des festivités se tient sous le Haut Patronage du roi Mohammed VI.
Ce double rendez-vous place Rabat au centre de l’actualité culturelle internationale et confirme son positionnement comme pôle majeur du livre en Afrique. La désignation par l’UNESCO vient saluer un écosystème éditorial en pleine expansion, porté par plus de cinquante maisons d’édition et un réseau de librairies en constante évolution. Elle consacre aussi une politique culturelle orientée vers l’accès au savoir et la promotion de la lecture.
Le programme déployé sur une année s’annonce dense. Piloté par le ministère de la Jeunesse, de la Culture et de la Communication, il comprend 342 activités réparties en douze axes. L’ambition affichée est claire : faire sortir le livre de ses espaces traditionnels. Hôpitaux, centres de réforme, orphelinats, transports publics et places urbaines seront investis pour rapprocher la lecture de nouveaux publics, souvent éloignés des circuits culturels classiques.
Dans ce calendrier, le SIEL occupe une place centrale. Cette 31ᵉ édition réunira 890 exposants issus de 60 pays et proposera plus de 130 000 titres. La France est l’invitée d’honneur, tandis qu’un hommage particulier sera rendu à Ibn Battuta, figure emblématique du voyage et de l’ouverture sur le monde. La programmation prévoit plus de 200 rencontres, débats et conférences, avec la participation de 720 auteurs, intellectuels et créateurs, autour des transformations de la lecture et des industries culturelles.
Au-delà des chiffres, Rabat entend inscrire cette reconnaissance dans une dynamique durable. En devenant la 26ᵉ ville à porter le titre de Capitale mondiale du livre, après notamment Rio de Janeiro et Strasbourg, la capitale marocaine s’engage à promouvoir la lecture auprès de tous les publics et à renforcer les liens entre acteurs du livre à l’échelle nationale et internationale.
L’enjeu dépasse largement le cadre d’un événement ponctuel. Il s’agit pour Rabat de consolider son rôle de carrefour culturel, tout en affirmant une vision où le livre devient un levier d’inclusion, d’éducation et de rayonnement.


