Rabat accueille, depuis mercredi, la première édition de la Conférence sur la conception et la technologie pénitentiaires (PDTC-2026), un rendez-vous inédit qui place le Maroc au cœur des réflexions internationales sur l’avenir des systèmes de détention. Pendant quatre jours, responsables institutionnels, experts et praticiens venus de divers horizons se réunissent pour explorer des solutions concrètes visant à moderniser les prisons tout en conciliant sécurité, dignité humaine et efficacité opérationnelle.
Organisée conjointement par l’Association Internationale des Services Correctionnels et Pénitentiaires et la Délégation générale à l’administration pénitentiaire et à la réinsertion (DGAPR), cette conférence rassemble un large éventail d’acteurs : décideurs publics, architectes, spécialistes des infrastructures, experts technologiques, universitaires et défenseurs des droits humains. Tous partagent un objectif commun : repenser les établissements pénitentiaires à partir de solutions éprouvées, applicables sur le terrain.
Placée sous le thème « Avenirs humains et résilients : repenser les prisons à travers l’innovation, les infrastructures et la technologie », la PDTC-2026 s’attaque à une problématique centrale pour de nombreuses juridictions : comment adapter les prisons aux défis contemporains sans compromettre les droits fondamentaux des détenus. Les discussions s’articulent autour d’un équilibre délicat entre modernisation sécuritaire et respect de la dignité humaine.
La séance inaugurale a été marquée par la présentation d’un guide élaboré par l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime et le Comité international de la Croix-Rouge. Ce document propose une analyse approfondie des usages possibles des technologies en milieu carcéral, tout en alertant sur les risques associés. Surveillance intelligente, biométrie, plateformes d’apprentissage numérique ou encore intelligence artificielle : autant d’outils susceptibles d’améliorer la gestion des établissements, à condition d’être encadrés.
Le guide met également en lumière plusieurs zones de vigilance, notamment la protection des données personnelles, les menaces liées à la cybersécurité, les risques d’exclusion numérique ou encore les dérives d’une automatisation excessive. Des enjeux qui rappellent que la technologie, si elle peut soutenir l’action humaine, ne saurait s’y substituer.
Au fil des échanges, la conférence insiste sur la nécessité de concevoir des infrastructures pénitentiaires capables de réduire les tensions, de favoriser la réinsertion et d’améliorer les conditions de vie au quotidien. L’accent est aussi mis sur le développement de solutions durables, adaptées aux contraintes climatiques, ainsi que sur la valorisation d’approches africaines tenant compte des réalités locales.
Quatre axes structurent les travaux : la conception intelligente d’environnements plus sûrs, l’intégration de technologies centrées sur l’humain, la construction de systèmes résilients grâce à des partenariats solides, et la mise en avant de solutions africaines adaptées aux défis du continent.
En réunissant ces expertises pluridisciplinaires, la PDTC-2026 s’impose comme un espace de dialogue stratégique pour repenser en profondeur les systèmes correctionnels. Elle illustre une volonté croissante de transformer les prisons en lieux plus humains, mieux intégrés aux dynamiques sociales, et capables de répondre aux exigences d’un monde en mutation.


