Rabat poursuit sa transformation artistique. À l’issue de la 11e édition du Festival JIDAR – Rabat Street Art Festival, la capitale marocaine s’impose un peu plus comme un pôle majeur du street art sur le continent africain. Pendant plusieurs jours, artistes marocains et internationaux ont investi l’espace urbain, donnant naissance à une nouvelle série d’œuvres monumentales qui redessinent le paysage de la ville.
Cette édition 2026 a vu la réalisation de 15 fresques monumentales et d’un mur collectif, portant à 146 le nombre total d’œuvres créées à Rabat depuis 2015. Au-delà des chiffres, c’est une véritable mutation visuelle qui s’opère : en un peu plus d’une décennie, le festival a contribué à inscrire durablement l’art mural dans l’identité urbaine de la capitale.
Parmi les interventions marquantes, celle de l’artiste RDS à Agdal s’impose par son ampleur. Réalisée sur une façade de 40 mètres de haut, cette fresque joue avec les lignes architecturales du bâtiment et propose une lecture graphique du béton, entre sobriété et tension visuelle. Dans d’autres quartiers, les œuvres déploient des univers variés, mêlant inspirations locales et influences internationales.
À L’Océan, une fresque inspirée de la lanterne marocaine évoque une ville ouverte et lumineuse, tandis qu’à Yacoub El Mansour, une composition centrée sur l’égalité renvoie à une réflexion universelle sur le vivre-ensemble. Plus loin, des motifs animaliers, des références à la culture populaire ou encore des éléments végétaux viennent enrichir ce dialogue visuel à ciel ouvert.
Au total, près de 2 500 m² de surfaces murales supplémentaires ont été peints cette année, portant à plus de 20 000 m² l’ensemble des œuvres réalisées depuis la création du festival. Une dynamique portée par plus de 250 artistes en onze éditions, qui ont contribué à façonner une cartographie artistique unique à l’échelle de la ville.
Le festival continue également de jouer un rôle structurant dans l’émergence de talents locaux. Le mur collectif, espace d’expérimentation et de formation, s’impose comme un véritable tremplin pour les artistes marocains, dont plusieurs accèdent ensuite à des fresques monumentales.
Au-delà de la création artistique, JIDAR s’inscrit désormais dans le quotidien des habitants. Les parcours guidés, régulièrement complets, témoignent de l’intérêt croissant du public pour ces œuvres qui transforment les quartiers et modifient le rapport à l’espace urbain.
Plus qu’un simple événement, le festival s’impose comme un outil de transformation durable, où l’art dialogue avec la ville et ses habitants. Année après année, Rabat s’écrit ainsi autrement, au fil de ses murs.



