À l’approche du mois de Ramadan 2026, plusieurs pays européens ont refusé d’accorder des visas Schengen à des membres des missions religieuses marocaines. Cette situation empêche le déploiement habituel d’imams et de prédicateurs marocains auprès des communautés établies à l’étranger. L’information a été révélée par le ministre des Habous et des Affaires islamiques, Ahmed Toufiq, lors d’une séance de questions orales à la Chambre des représentants, sans que les pays concernés ne soient officiellement cités.
Face à ces refus de visas, le ministère a indiqué travailler sur une alternative afin d’assurer la continuité de l’encadrement spirituel. Il s’agit d’un programme religieux et éducatif numérique, destiné principalement aux Marocains résidant à l’étranger, et dont la diffusion sera renforcée durant le mois sacré du Ramadan. Ce dispositif vise à proposer des contenus religieux accessibles en ligne, répondant aux besoins spirituels des communautés marocaines de la diaspora.
Pour rappel, la Fondation Hassan II pour les Marocains résidant à l’étranger avait organisé l’année précédente l’envoi de 272 imams et prédicateurs dans 13 pays, principalement en Europe. Cette initiative avait pour objectif d’accompagner les fidèles tout au long du Ramadan, à travers des prêches, des ateliers de mémorisation du Coran, des activités culturelles ainsi que l’encadrement des prières de Tarawih.
Les délégations religieuses envoyées se distinguaient par un niveau académique élevé. Elles comprenaient notamment 38 enseignants universitaires et 83 titulaires de diplômes de master ou de doctorat. Environ trente imams avaient également assuré la direction des prières nocturnes dans les mosquées concernées.
L’impossibilité d’assurer ces missions en présentiel pour le Ramadan 2026 marque un changement notable dans l’organisation de l’encadrement religieux marocain à l’étranger. Elle pousse les autorités à accélérer le recours au numérique afin de maintenir le lien spirituel avec la diaspora marocaine.

