Les recettes fiscales du Royaume ont franchi la barre des 122,59 milliards de dirhams (MMDH) à la fin avril 2025, marquant une envolée de 19,3% par rapport à la même période de l’année précédente, selon les données publiées par le ministère de l’Économie et des Finances. Ce chiffre représente 38,3% des prévisions annuelles inscrites dans la loi de finances.
Ce rebond s’explique, entre autres, par l’intensification des efforts de régularisation fiscale et l’amélioration des mécanismes de recouvrement. À noter également une progression significative des remboursements et dégrèvements fiscaux, qui ont presque doublé, atteignant 10,1 MMDH contre 5,3 MMDH un an plus tôt. L’État confirme ainsi sa volonté d’accélérer le traitement du crédit de TVA, un engagement souvent attendu par les entreprises.
Impôt sur les sociétés : moteur principal de la hausse
L’impôt sur les sociétés (IS) a contribué fortement à cette dynamique, enregistrant une hausse de 9,2 MMDH (+34,1%) pour un taux de réalisation de 49,8%. Cette performance est tirée par des recouvrements spontanés en hausse de 39,5%, atteignant 11 MMDH, et par la forte augmentation du complément de régularisation (+53,3%) ainsi que du premier acompte (+38,3%). Les restitutions au titre de l’IS ont également progressé, passant à 2,5 MMDH.
Impôt sur le revenu : impact fort de la régularisation volontaire
L’IR a connu une poussée de 6,6 MMDH (+32,1%) avec un taux de réalisation de 44,9%. Cette performance est largement attribuée à la régularisation volontaire effectuée en janvier 2025, générant 3,8 MMDH, ainsi qu’aux actions menées par l’administration fiscale. L’IR sur les salaires a quant à lui progressé de 528 millions de dirhams, soutenu par la croissance continue de la masse salariale.
TVA : dynamique contrastée entre l’import et l’intérieur
La TVA a affiché une augmentation modeste de 1,6 MMDH, avec un taux de réalisation de 31,1%. Cette évolution masque des mouvements opposés : d’un côté, une hausse de 2 MMDH de la TVA à l’importation (+11,1%) ; de l’autre, une baisse de 440 MDH des recettes provenant de la TVA à l’intérieur (-3,7%). Les restitutions en matière de TVA ont toutefois connu une nette progression à 4,8 MMDH.
Taxes intérieures, douanes et recettes non fiscales : des évolutions nuancées
Les taxes intérieures de consommation (TIC) ont progressé de 1,3 MMDH (+12,3%), portées principalement par les produits énergétiques dont les recettes ont bondi de 906 MDH (+15,3%).
Du côté des droits de douane, l’amélioration a été plus modérée avec une hausse de 6,9% (soit 350 MDH), tandis que les droits d’enregistrement et de timbre ont rapporté 463 MDH supplémentaires (+5,4%).
Quant aux recettes non fiscales, elles se sont établies à 9,6 MMDH, en recul de 4,1% par rapport à fin avril 2024. Parmi ces montants, Bank Al-Maghrib a versé 3,8 MMDH, et l’Agence nationale de la conservation foncière a contribué à hauteur de 1 MMDH.

