Des chercheurs français viennent de franchir une étape majeure dans la compréhension du cancer du sein triple négatif, l’un des types les plus redoutés pour sa résistance et son agressivité. Leurs travaux, dévoilés par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), ouvrent la voie à de nouvelles approches capables d’anticiper les rechutes.
Menée conjointement par le CNRS, l’Institut Curie et l’Université Paris Cité, l’étude révèle un mécanisme de résistance cellulaire temporaire qui permet à certaines cellules cancéreuses d’échapper aux traitements. Au cœur de ce processus, une protéine clé – baptisée FOSL1 – agit comme un véritable « interrupteur » moléculaire, déterminant la tolérance des cellules dites « persistantes » aux chimiothérapies.
Les scientifiques expliquent que si la majorité des cellules tumorales réagissent aux traitements combinés, une fraction minime parvient à survivre, devenant la source de rechutes ultérieures. Ces cellules partagent un programme génétique commun d’une patiente à l’autre, indépendamment des thérapies reçues.
En étudiant des tumeurs issues de biopsies prélevées chez huit patientes de l’Institut Curie – un échantillon inédit pour ce type de recherche – les chercheurs ont retracé, grâce à des technologies de séquençage avancées, le comportement de ces cellules à chaque étape de la maladie.
Cette découverte met en lumière une adaptation non génétique et réversible : les cellules modifient temporairement leur fonctionnement pour résister, avant de redevenir sensibles aux traitements. Une capacité d’adaptation que les chercheurs souhaitent désormais contrer en identifiant les marqueurs biologiques de cette résistance.
Pour le CNRS, cette avancée marque « une étape essentielle vers une médecine préventive capable non seulement de traiter le cancer, mais d’en éviter la réapparition ». Les futures thérapies pourraient ainsi viser à bloquer l’entrée des cellules dans cet état de persistance, ouvrant de nouvelles perspectives dans la lutte contre les formes les plus agressives du cancer du sein.

