Les marchés pétroliers ont nettement décroché jeudi, dans le sillage de déclarations de Donald Trump laissant entrevoir une détente relative autour du dossier iranien.
En affirmant que « les tueries ont pris fin » en Iran, le président américain a contribué à réduire les anticipations d’une intervention militaire imminente des États-Unis, un scénario jusqu’ici intégré par les marchés.
Dans ce contexte, le baril de Brent de la mer du Nord, échéance mars, a reculé de 4,15 % pour s’établir à 63,76 dollars. Le brut américain West Texas Intermediate, pour livraison en février, a accusé une baisse encore plus marquée de 4,56 %, à 59,19 dollars le baril.
Pour les analystes, cette correction reflète avant tout un relâchement des tensions géopolitiques. « Un certain calme semble s’installer autour de la situation iranienne », observe Robert Yawger, analyste chez Mizuho USA, soulignant le changement de tonalité de la Maison Blanche après plusieurs jours de menaces à peine voilées.
Mercredi, lors d’un événement officiel, Donald Trump a sensiblement adouci son discours. Interrogé sur la possibilité d’une action militaire américaine, il s’est contenté d’un propos prudent, indiquant que la situation serait observée avant toute décision. Il a également affirmé avoir été informé par « des sources très importantes » que les violences en Iran avaient cessé.
Dans le même temps, la Maison Blanche a assuré que les autorités iraniennes avaient renoncé à environ 800 exécutions de manifestants initialement prévues, un signal interprété par les marchés comme un facteur de désescalade. Dès lors, « le marché ne s’attend plus à voir une intervention américaine dans un avenir proche », estime Robert Yawger.
Cette détente contraste avec la dynamique observée ces derniers jours, durant lesquels les cours avaient progressivement grimpé, alimentés par la crainte qu’un embrasement militaire au Moyen-Orient ne provoque de graves perturbations de l’offre mondiale. Ce risque s’estompe désormais, laissant réapparaître les fragilités structurelles du marché.
Selon les analystes, « la structure des prix redevient vulnérable » face à la perspective d’un excédent d’offre, dans un contexte où plusieurs producteurs cherchent à augmenter leurs volumes. Le brut est notamment sous pression en raison de la volonté affichée de Washington d’exploiter les ressources énergétiques du Venezuela.
Les États-Unis ont ainsi finalisé une première vente de pétrole vénézuélien depuis la reprise en main du secteur par Washington. Selon une source américaine, l’opération atteindrait 500 millions de dollars, et d’autres transactions pourraient suivre dans les prochains jours ou semaines.
La semaine dernière déjà, Donald Trump avait annoncé que les autorités vénézuéliennes par intérim s’étaient engagées à livrer aux États-Unis entre 30 et 50 millions de barils de pétrole de « haute qualité » jusque-là sous sanction, ajoutant un facteur supplémentaire de pression sur des marchés désormais plus attentifs aux fondamentaux qu’aux risques géopolitiques immédiats.

