À Rabat, le gouvernement poursuit le chantier de transformation de l’université marocaine. Réuni mercredi pour évaluer l’état d’avancement de la réforme de l’enseignement supérieur, le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch a passé en revue les progrès réalisés et les priorités à venir afin de renforcer la qualité de la formation, de la recherche scientifique et de l’innovation dans le Royaume.
Lors de cette réunion de suivi, tenue le 11 mars dans la capitale, l’Exécutif s’est penché sur les différentes mesures engagées pour moderniser le système universitaire national. L’objectif affiché est de consolider une université marocaine plus performante et mieux intégrée aux dynamiques de développement du pays, conformément aux Hautes Directives Royales.
En ouverture des travaux, Aziz Akhannouch a rappelé que cette réforme constitue un axe central de l’action gouvernementale, en raison de son impact direct sur la qualité du capital humain et sur la compétitivité des secteurs stratégiques de l’économie. Le Chef du gouvernement a notamment souligné que le budget du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de l’Innovation a connu une augmentation de 30 % entre 2021 et 2025. Cette progression financière a permis de renforcer les effectifs pédagogiques et administratifs, d’améliorer leurs conditions professionnelles et d’accroître les capacités d’accueil des universités.
La réunion a également été consacrée à l’examen de plusieurs projets structurants destinés à accompagner l’évolution du paysage universitaire marocain. Parmi les chantiers évoqués figure la réorganisation de la carte universitaire publique afin de mieux répartir l’offre de formation sur l’ensemble du territoire et de renforcer l’équité territoriale. Dans cette perspective, le gouvernement étudie notamment la création d’une faculté de médecine, de pharmacie et de médecine dentaire à Kénitra, un projet qui vise à renforcer l’offre de formation dans la région tout en réduisant la pression sur la faculté de médecine et de pharmacie de Rabat.
La question de l’hébergement universitaire a également occupé une place importante dans les discussions. Le gouvernement prévoit le développement d’une nouvelle offre reposant sur des partenariats entre secteurs public et privé afin d’améliorer les conditions de vie des étudiants. Cinq projets ont déjà été lancés dans les villes d’Agadir, El Jadida, Oujda, Nador et Béni Mellal, représentant une capacité d’accueil de 11.000 lits. Une seconde phase est prévue dès le mois d’avril avec un objectif ambitieux de 100.000 lits supplémentaires.
Les indicateurs présentés lors de la réunion témoignent par ailleurs de l’élargissement progressif de l’accès à l’enseignement supérieur. Le nombre total d’étudiants inscrits dans les universités marocaines a ainsi dépassé 1,3 million, soit une hausse de 4,8 % par rapport à l’année universitaire précédente.
Sur le plan institutionnel, le gouvernement poursuit également l’harmonisation de l’arsenal juridique du secteur avec les dispositions de la loi-cadre 51.17 relative au système d’éducation et de formation. Dans le même esprit, une plateforme numérique d’apprentissage des langues, baptisée « Elogha-sup », a été présentée. Conçue par une équipe marocaine, elle propose des formations en anglais, français, espagnol, arabe et amazigh dans plusieurs universités du Royaume.
La réforme s’accompagne aussi d’un renforcement de l’offre pédagogique dans plusieurs secteurs jugés prioritaires. Pour répondre aux besoins du système de santé, 10.841 nouvelles places de formation ont été ouvertes dans les filières concernées dans le cadre du programme visant à renforcer la densité du personnel médical à l’horizon 2030. Par ailleurs, 20.404 places supplémentaires ont été créées pour la formation des enseignants du primaire et du secondaire.
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Dans le domaine du numérique, le programme de renforcement du nombre de diplômés issus des universités publiques se poursuit également, avec l’intégration de 27.190 nouveaux étudiants dans ces filières stratégiques.
Enfin, la diversification de l’offre académique se poursuit avec la création de 366 nouvelles filières et le développement de passerelles entre disciplines et établissements. Cette approche vise à offrir davantage de flexibilité aux étudiants dans leurs parcours universitaires, à faciliter les réorientations et à réduire le phénomène d’abandon des études supérieures.


