La Chambre des représentants a adopté, mardi 20 janvier 2026, le projet de loi n° 64.23 portant création des Agences régionales d’urbanisme et d’habitat, un texte structurant destiné à refondre l’organisation publique de l’urbanisme et du logement à l’échelle des régions. Présenté par Adib Benbrahim, secrétaire d’État chargé de l’Habitat auprès de la ministre de l’Aménagement du territoire national, ce projet vise à doter le Maroc de nouveaux outils institutionnels capables d’accompagner la régionalisation avancée et de répondre plus efficacement aux enjeux territoriaux.
Cette adoption s’inscrit dans le prolongement direct des Hautes Instructions de Sa Majesté le Roi Mohammed VI, formulées dans le discours du Trône du 29 juillet 2020, appelant à une réforme en profondeur du secteur public. Le Souverain y avait insisté sur la nécessité de corriger les dysfonctionnements structurels des établissements publics, de renforcer la cohérence de leurs missions et d’améliorer leur performance économique et sociale. Le texte s’aligne également sur les conclusions de la séance de travail présidée par le Roi le 17 octobre 2023, consacrée à l’urbanisme et à l’habitat, qui avait acté le principe de la création de douze agences régionales couvrant l’ensemble du territoire national.
Au-delà du cadre royal, la réforme s’appuie sur les recommandations issues du dialogue national sur l’urbanisme et l’habitat, ainsi que sur les observations de la Cour des comptes concernant le repositionnement des agences urbaines. L’objectif est clair : dépasser les limites du dispositif actuel en dotant les régions d’institutions capables de concevoir et de piloter une vision intégrée de la planification territoriale, en tenant compte des réalités urbaines comme rurales.
Lors de la présentation du projet de loi devant les députés, Adib Benbrahim a souligné que cette réforme s’inscrit dans une dynamique plus large de modernisation de l’administration et de territorialisation des politiques publiques. Les futures agences régionales auront pour mission de renforcer la proximité avec les acteurs locaux, d’accélérer l’instruction des projets et d’assurer un meilleur suivi des programmes d’urbanisme et d’habitat. La redéfinition de leurs compétences vise à instaurer une cohérence accrue entre les stratégies nationales et les besoins spécifiques de chaque région.
Le texte introduit également un nouveau cadre de gouvernance, fondé sur des conseils d’administration aux prérogatives clarifiées, des responsabilités exécutives mieux définies et des mécanismes de suivi et d’évaluation renforcés. Une attention particulière est portée aux ressources humaines, avec l’unification des statuts juridiques et la garantie des droits acquis, afin d’assurer la stabilité et l’efficacité des équipes appelées à piloter ces nouvelles structures.
À travers cette loi, le gouvernement entend doter les territoires d’institutions publiques régionales solides, capables d’accompagner durablement les politiques de l’urbanisme et de l’habitat. L’enjeu dépasse la seule réorganisation administrative : il s’agit de créer les conditions d’un développement territorial plus équilibré, mieux coordonné et en phase avec les orientations stratégiques du Royaume, dans un contexte où la pression urbaine et les besoins en logement continuent de s’intensifier.

