Dans un contexte marqué par de profondes attentes sociales, le gouvernement marocain a rouvert, jeudi 17 juillet 2025, le chantier sensible de la réforme des retraites. À l’initiative du Chef du gouvernement Aziz Akhannouch, une réunion stratégique de la Commission nationale de suivi s’est tenue dans la capitale, réunissant autour de la même table l’ensemble des parties prenantes : représentants syndicaux, patronat, membres de l’exécutif et gestionnaires des régimes de retraite. Cette rencontre fait suite aux travaux d’avril dernier menés dans le cadre de la Haute commission du dialogue social et marque un tournant vers une réforme structurelle et concertée.
Dès l’ouverture, le Chef du gouvernement a mis en avant les avancées obtenues lors des précédents rounds de concertation, saluant notamment les efforts consentis pour améliorer le pouvoir d’achat des travailleurs. Il a rappelé que ces acquis témoignent d’une dynamique de dialogue féconde et d’une volonté partagée de construire des compromis responsables. La réforme des retraites, a-t-il insisté, ne peut être envisagée que dans un esprit de confiance mutuelle, de transparence et d’engagement collectif.
Face aux défis démographiques et aux déséquilibres budgétaires que connaissent certains régimes, l’enjeu de cette relance est de bâtir un modèle viable à long terme, tout en préservant les droits acquis des affiliés et la compétitivité économique. Aziz Akhannouch a réaffirmé que cette réforme s’inscrit dans un cadre plus large de transformations structurelles visant à renforcer la cohésion sociale et à consolider les équilibres macroéconomiques du pays.
La ministre de l’Économie et des Finances, Nadia Fettah, a présenté un état des lieux détaillé des régimes existants, appuyé par des données démographiques et financières actualisées. Elle a proposé une méthodologie de travail claire et des principes directeurs visant à favoriser l’émergence d’une vision commune entre les différents acteurs. L’objectif affiché est de parvenir à une réforme inclusive qui garantisse la pérennité du système et la justice intergénérationnelle.
Pour encadrer ce processus, une commission technique a été mise en place. Elle regroupe des représentants des centrales syndicales (UMT, UGTM, CDT), des organisations patronales (CGEM, COMADER), ainsi que des départements gouvernementaux et des caisses gestionnaires (CMR, CNSS, CIMR, RCAR, CDG). Sa mission consistera à formuler des propositions concrètes, articulées autour d’une logique de convergence et de responsabilité.
La diversité des acteurs présents à cette réunion souligne l’importance accordée à l’approche participative. Outre les figures de proue des syndicats et du patronat, plusieurs membres du gouvernement ont pris part à cette rencontre : la ministre de l’Économie et des Finances, le ministre de l’Inclusion économique, de l’Emploi et des Compétences, ainsi que la ministre déléguée chargée de la Réforme de l’Administration. Les dirigeants des institutions de prévoyance sociale et des principaux fonds de retraite ont également été associés aux échanges.
Au-delà des discours de principe, cette relance du dialogue constitue un test de maturité pour le climat social marocain. Elle met à l’épreuve la capacité des partenaires à dépasser les positions figées pour dessiner ensemble les contours d’un nouveau contrat social. Dans un contexte où les équilibres financiers sont mis sous tension, l’avenir des retraites repose désormais sur la volonté collective de conjuguer justice sociale, réalisme économique et vision à long terme.

