Le secteur pharmaceutique marocain entre dans une phase de forte tension. La Confédération des syndicats des pharmaciens du Maroc a annoncé son rejet catégorique des propositions du Conseil de la concurrence visant à ouvrir le capital des pharmacies à des investisseurs extérieurs et à libéraliser les horaires d’exercice. En réaction, l’organisation syndicale brandit la menace d’un programme de mobilisation pouvant aller jusqu’à une grève nationale avec fermeture des officines.
Réuni en session extraordinaire cette semaine, le conseil national de la confédération estime que ces recommandations risquent de transformer en profondeur le modèle officinal au maroc. Au cœur des inquiétudes : la perte d’indépendance du pharmacien et un affaiblissement potentiel de la sécurité médicamenteuse nationale. Pour la CSPM, la pharmacie n’est pas un commerce ordinaire, mais un établissement de santé de proximité, soumis à des règles éthiques, professionnelles et juridiques strictes.
L’ouverture du capital à des acteurs financiers extérieurs est perçue comme une porte ouverte à la domination de logiques de rentabilité. Selon la confédération, soumettre la dispensation du médicament à des impératifs économiques pourrait altérer la qualité du service pharmaceutique, fragiliser la relation de confiance avec les patients et déséquilibrer l’ensemble du système de santé marocain.
Face à ce qu’elle qualifie de recommandations injustes, la CSPM appelle à une mobilisation professionnelle inédite. Toutes les formes de protestation prévues par la constitution et la loi seraient envisagées si les propositions ne sont pas retirées. L’organisation insiste enfin sur la dimension d’intérêt général de son combat, estimant défendre non seulement la profession, mais aussi la protection de l الأمن الدوائي et de la santé publique au maroc.
Dans un contexte où la réforme du secteur de la pharmacie suscite un débat national sur la concurrence, la régulation et la gouvernance du médicament, ce bras de fer pourrait marquer un tournant décisif pour l’avenir des officines et pour l’équilibre du système sanitaire du royaume.

