Le Chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a réaffirmé mercredi à Rabat que la réforme du système de l’éducation nationale demeure une priorité stratégique de l’Exécutif. Réunie pour évaluer l’état d’avancement des chantiers engagés, la séance de suivi a mis en lumière des progrès significatifs dans le préscolaire, les programmes « Écoles pionnières » et « Collèges pionniers », ainsi que dans l’élargissement de l’enseignement de l’amazigh et de l’anglais, conformément aux Hautes Directives de Mohammed VI.
D’emblée, le Chef du gouvernement a replacé la réforme de l’éducation au cœur du projet d’État social. Selon un communiqué du Département du Chef du gouvernement, l’amélioration de la qualité de l’école publique constitue un levier central pour renforcer le capital humain et consolider l’égalité des chances. Les moyens financiers et les investissements mobilisés traduisent cette orientation, avec l’objectif de hisser l’école publique au rang de moteur d’équité sociale.
La réunion a permis de dresser un bilan chiffré des principaux chantiers. La généralisation de l’enseignement préscolaire affiche désormais un taux de réalisation de 80 %, bénéficiant à plus de 985.000 enfants. Ce déploiement progressif répond à un impératif de réduction des disparités territoriales, notamment en milieu rural, où l’accès précoce à l’éducation demeure déterminant pour la réussite scolaire future.
Autre axe structurant : l’extension du programme « Écoles pionnières ». Les évaluations menées font état d’une amélioration notable de la maîtrise des apprentissages fondamentaux chez les élèves. Fort de ces résultats, le gouvernement prévoit d’étendre ce dispositif à 80 % des écoles primaires à l’horizon de l’année scolaire 2026-2027. Cette trajectoire s’inscrit dans la feuille de route 2022-2026, dont le premier objectif stratégique vise à porter à 70 % le taux de maîtrise des enseignements fondamentaux.
Au niveau du secondaire collégial, le programme « Collèges pionniers » enregistre également des indicateurs encourageants. Le taux de déperdition scolaire dans les établissements concernés est passé de 8,4 % à 4,45 %. Cette baisse s’explique par le renforcement des mécanismes d’accompagnement individualisé et des dispositifs de soutien pédagogique, qui ciblent en priorité les élèves en difficulté.
La question de l’encombrement des classes et des conditions de scolarité a aussi été abordée. Des avancées sont signalées dans la réduction du surpeuplement scolaire, parallèlement au développement des services d’appui à la scolarité, notamment le transport scolaire et les internats, en particulier dans les zones rurales. Ces mesures visent à garantir une scolarisation effective et continue, en cohérence avec le principe d’égalité des chances.
Sur le plan linguistique, la réunion a relevé l’élargissement progressif de l’enseignement de la langue amazighe au primaire, ainsi que le déploiement accru de l’enseignement de l’anglais au cycle secondaire. Cette double orientation répond à un enjeu identitaire et d’ouverture internationale, dans un contexte marqué par la transformation des compétences et des marchés du travail.
Au-delà du bilan d’étape, Aziz Akhannouch a appelé à accélérer la cadence d’exécution des chantiers et à consolider une gouvernance axée sur les résultats. Il a également invité à engager la réflexion sur une stratégie nationale de l’éducation post-2026, afin d’inscrire les réformes dans la durée et d’anticiper les mutations futures.
Cette réunion confirme que la réforme de l’éducation nationale ne relève plus d’un simple programme sectoriel, mais d’un choix politique structurant pour le Maroc. L’enjeu dépasse la seule performance scolaire : il s’agit de bâtir une école publique capable d’assurer intégration, équité et compétitivité, dans la continuité des orientations royales.


